1Citez les quatre principaux facteurs de risque impliqués dans l'étiologie des cancers de la sphère O.R.L.
Tabagisme, alcoolisme (l'association des deux étant un facteur synergique), mauvaise hygiène bucco-dentaire, et l'exposition professionnelle à la poussière de bois ainsi que le papillomavirus.
2Citez les signes cliniques du cancer O.R.L. qui doivent alerter l'Infirmier Diplômé d'État.
Dysphonie (voix rauque) ou enrouement persistant, dysphagie (difficulté à avaler) ou odynophagie (douleur à l'ingestion), toux persistante, otalgie (douleur à l'oreille) unilatérale et persistante, adénopathie cervicale qui ne régresse pas, et altération de l'état général (perte de poids inexpliquée, asthénie).
3Quelles sont les deux indications chirurgicales majeures menant à une trachéostomie définitive ?
La laryngectomie totale et la pharyngolaryngectomie totale.
4Citez les deux raisons principales pour lesquelles une trachéotomie temporaire est réalisée.
Pour une assistance respiratoire de longue durée (pour éviter les lésions laryngées dues à l'intubation prolongée) et pour court-circuiter une obstruction des voies aériennes supérieures (tumeur, œdème, traumatisme).
5Quel est le risque majeur lié à un ballonnet de canule trop gonflé et quelles sont les deux principales indications justifiant le gonflage du ballonnet ?
Le risque majeur est l'escarre ou la nécrose de la muqueuse trachéale par hyper-pression, ainsi que des troubles de la déglutition accrus. Les indications sont la protection contre les fausses routes et la nécessité d'une ventilation assistée.
6La trachée est en contact direct avec un organe en arrière. Quel est cet organe et quel risque cela représente-t-il si la pression du ballonnet est excessive ?
L'organe est l'œsophage. Le risque est la formation d'une fistule trachéo-œsophagienne (communication anormale) par nécrose de la paroi.
7Citez les trois paramètres essentiels à évaluer lors de la surveillance respiratoire chez un patient porteur de canule.
Évaluation de la saturation en oxygène, de la fréquence et de l'amplitude respiratoire, et recherche de signes de difficulté respiratoire ou d'encombrement.
8Quel est le soin essentiel à effectuer au moins trois fois par jour sur une canule, et pourquoi sa fréquence est-elle cruciale ?
Le nettoyage de la chemise interne. Sa fréquence est cruciale pour prévenir l'accumulation de sécrétions et la formation d'un bouchon trachéal, qui est une urgence vitale.
9Quel type de soin du stome (orifice) l'Infirmier Diplômé d'État doit-il réaliser de manière strictement stérile et pendant combien de temps après l'opération ?
Le soin du stome doit être réalisé de manière strictement stérile durant les 48 premières heures post-opératoires, pour prévenir le risque infectieux précoce.
10Pourquoi la mise en place d'un filtre échangeur de chaleur et d'humidité (« nez artificiel ») est-elle une action essentielle de l'Infirmier Diplômé d'État ?
Pour maintenir l'hygrométrie de l'air inspiré qui n'est plus filtré par les voies nasales et ainsi éviter l'épaississement des sécrétions et la formation de bouchons trachéaux.
11L'Infirmier Diplômé d'État contrôle la pression du ballonnet à l'aide d'un manomètre. Quel est le but principal de cette action et où doit se situer l'aiguille de pression ?
Le but principal est de prévenir les lésions, l'escarre et les troubles de la déglutition par hyper-pression. L'aiguille doit se situer dans la partie verte (zone de pression sécuritaire) du manomètre.
12Lors d'une aspiration trachéale, l'Infirmier Diplômé d'État doit respecter trois règles de sécurité technique pour minimiser le risque de complications. Lesquelles ?
Maintenir un geste stérile ; effectuer le geste en moins de quinze secondes ; pratiquer l'aspiration uniquement à la demande.
13Quel type de compresse l'Infirmier Diplômé d'État doit-il utiliser pour les soins du stome et pourquoi ?
Des compresses non tissées et fendues, car elles ne peluchent pas et s'adaptent autour de la canule sans laisser de fils dans l'orifice, ce qui est essentiel pour éviter l'inhalation de fibres dans la trachée.
14Citez trois éléments que l'Infirmier Diplômé d'État doit évaluer lors de la surveillance des sécrétions aspirées et expliquez leur pertinence clinique.
Quantité, aspect (couleur, consistance) et odeur. Toute modification peut orienter vers une infection (changement de couleur, odeur) ou une déshydratation (consistance très épaisse).
15Quels sont les signes cliniques qui doivent alerter l'Infirmier Diplômé d'État d'une obstruction par bouchon trachéal, et quelle est l'action prioritaire de l'IDE ?
Signes d'alerte : Dyspnée brutale et intense, cyanose, tirage, sifflement (bruits anormaux à l'auscultation), anxiété et agitation du patient. Action prioritaire : Alerte immédiate, tentative d'aspiration, et si échec, retrait immédiat et nettoyage/changement de la canule.
16L'Infirmier Diplômé d'État constate une crépitation anormale sous la peau autour du stome. De quelle complication s'agit-il et quelle est l'action immédiate ?
Il s'agit d'un emphysème sous-cutané. L'action immédiate est d'alerter le médecin et, si possible, d'ouvrir la plaie péri-canulaire pour libérer l'air.
17Citez les trois principales complications précoces (en plus de l'obstruction) et les complications tardives au niveau de la trachée.
Précoces : Hémorragie (risque du tronc artériel brachio-céphalique) et Emphysème sous-cutané.
Tardives : Granulomes (traitement au nitrate d'argent ou exérèse) et Sténose trachéale (rétrécissement cicatriciel).
18Quel est le moment critique pour le premier changement de canule après la chirurgie, et par quel professionnel de santé doit-il être réalisé ?
Le premier changement de canule est réalisé par le chirurgien à quarante-huit heures post-opératoires.
19Citez les deux conditions cliniques obligatoires pour envisager le processus de décanulation (retrait de la canule).
La filière respiratoire doit être libre (absence d'obstruction) ET il doit y avoir absence de fausses routes majeures (confirmée par l'évaluation de la déglutition).
20Décrivez les étapes menant à la décanulation et le rôle de l'Infirmier Diplômé d'État dans le test de déglutition.
Le patient doit d'abord être testé avec une chemise interne fenêtrée et le ballonnet dégonflé. Si ce test est réussi (pas de toux), la phase de bouchonnage (canule obstruée par un capuchon) est effectuée pendant au moins vingt-quatre heures sous étroite surveillance avant le retrait définitif.
21Avant une tentative de décanulation, si le patient sous chemise interne fenêtrée et ballonnet dégonflé présente toujours des difficultés respiratoires (échec au bouchonnage), citez deux causes possibles que le médecin devra explorer.
Canule bouchée ou mal nettoyée ; fenêtre de la canule mal placée ; ou un obstacle des voies aériennes supérieures (nouveau granulome ou sténose cicatricielle) à explorer par nasofibroscopie.
22Le patient ayant subi une laryngectomie totale ne peut plus parler par ses voies naturelles. Citez les trois principales méthodes pour lui permettre de parler.
Voix trachéo-œsophagienne (par implant/ bouton vocal), voix oro-œsophagienne (par éructation contrôlée) et utilisation du larynx électronique (ou laryngophone).
23Quel matériel de sécurité l'Infirmier Diplômé d'État doit-il laisser impérativement près du lit du patient après le retrait définitif de la canule, et pourquoi ?
Une canule de calibre plus petit que celle retirée, un spéculum de Killian ou une pince à trois branches. Ces outils permettent la dilatation immédiate de l'orifice en cas de difficulté respiratoire due à la fermeture rapide du stome.