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Définition de la sociologie selon ANTHONY GIDDENS (1999)
« la sociologie consiste en l'étude de la VIE SOCIALE, des GROUPES et des SOCIÉTÉS » la connaissance scientifique des PHÉNOMÈNES SOCIAUX
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1. Connaissance (d'une réalité)
1. DÉCRIRE cette réalité (les phénomènes sociaux)
2. mettre en évidence les RELATIONS qu'entretiennent ses DIFFÉRENTS ASPECTS
3. L'EXPLIQUER (sur base de la description et des relations mises en évidence, dégager une explication apte à rendre cette réalité davantage COMPRÉHENSIBLE)
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2. 1. La sociologie en tant que science
La sociologie a pour objet l'étude de FAITS et RELATIONS VÉRIFIABLES, s'articulant sur une DÉMARCHE particulière. Elle occupe un POINT DE VUE à partir duquel elle va mettre en lien et poser des HYPOTHÈSES. Grâce à des méthodes exclure ou retenir des hypothèses. A partir des hypothèses dégager des MODÈLES THÉORIQUES qui seront tenues pour vraies tant qu'elles n'auront pas été démontrées FAUSSES
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2.2 La sociologie en tant que science humaine 2.3. et sociale
2.2 Elle a pour objet l'être HUMAIN et ses comportements individuels et collectifs, passés et présent (socio, psycho, histoire,...) 2.3 et ses RAPPORTS avec d'autres êtres humains, des groupes, ou des collectivités (économie, sciences politiques, démographie, ethnologie, anthropologie,...)
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2.4. La sociologie est une discipline scientifique spécifique
Ce qui détermine les spécificités des différentes disciplines en sciences humaines, n'est pas leurs objets mais : 1. leurs POINT DE VUE 2. OUTILS (méthode) 3. les INTENTIONS dans la démarche de connaissance
Chômage-> historique, économique (budget), psychologie (conséquence psychologique individuelle),...
Il existe parfois des CONFLITS entre diverses disciplines : point de vue et méthode.
+ concurrence pour défendre sa place sur le marché
Au delà des conflits, leurs COMPLÉMENTARITÉS permet de donner une vision plus complète des réalités étudié
Caractérise la sociologie est : 1. Pov (PHÉNOMÈNES SOCIAUX) 2. outils (méthode (point 4)) 3. intentions (voir partie 2)
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3. Point de vue : les phénomènes sociaux
Les P.S. couvrent : 1. l'action sociale (Weber) 2. le fait social (Durkheim) qui sont historiquement deux grands PÔLES opposés, et qui aujourd'hui fait encore tension sous une forme toujours CONFLICTUELLE ou des efforts D'ARTICULATION.
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3.1. L'action sociale
L'action sociale est une MANIFESTATION concrète, en actes, posée par des individus ou des groupes, et qui est effectué de façon significative EN FONCTION D'AUTRUI.
Weber dressait les fondements d'une sociologie qui s'intéresse à la compréhension des COMPORTEMENTS HUMAINS compréhensible vus à travers des RELATIONS SOCIALES : ENSEMBLES D'ACTIVITÉS RÉCIPROQUES (impliquant que les individus n'agissent pas comme des électrons libres déconnectés, isolés). Les actions prennent un sens quand elles s'inscrivent dans des relations sociales.
1. Pour l'individu qui pose un acte, cet acte a un sens, qui prend une signification SUBJECTIVE puisqu'il agit en fonction d'autrui
2. Cette relation CONDITIONNE l'action d'un individu
3. L'action sociale est explicable À PARTIR du sens que les individus ont mis dans leurs actions
Cela ne signifie pas respect et bienveillance car on peut agir selon autrui en CONTRARIANT, blessant,...
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Les 4 types d'action sociale selon Weber
Action rationnelle en FINALITÉ: se base sur les objectifs qu'un individu poursuit. Il imagine les réactions d'autrui en fonction de l'acte qu'il va poser, et calcul rationnellement comment atteindre ses objectifs
Action rationnelle en VALEUR: reposant sur la valeur inconditionnelle d'un comportement, indépendamment de son résultat. On la pose parce qu'on est convaincu de sa valeur. C'est rationnel car c'est un calcul entre plusieurs valeurs
Action AFFECTIVE: qui repose sur des émotions ou des passions actuels. A chaud, quasi immédiate, presque instinctive, peu réfléchie
Action TRADITIONNELLE: reposant sur la coutume. Parce qu'il en a toujours été ainsi. Paraissant quasi naturelles en raison de son ancrage dans les habitudes, usages sociaux
Il s'agit de type théorique d'action sociale, un acte peut en combiner
Ces types éclairent sur la compréhension de comportements divers
Un homicide par vengeance peut être un des 4 en fonction du contexte par exemple
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3.2. Le fait social
Durkheim : « toutes les manières d'agir, de penser et de sentir, extérieures à l'individu et qui sont douées d'un pouvoir de COERCITION en vertu duquel il s'impose à lui »
Il oppose à Weber une société qui NE peut se RÉDUIRE aux individus, « la société est plus que la SOMME des individus qui la composent »s'imposant de l'extérieur aux individus
Le fait social constitue un CADRE qui s'impose à nous.
Cela paraît évident lorsque la contrainte s'exerce d'un lieu plus ou moins éloigné,dans des rapports sociaux très STRUCTURÉS,ou s'appuyant sur des INSTITUTIONS fortes
Mais elle caractérise aussi des phénomènes que l'on CROIT INDIVIDUELS.Les sentiments par exemple,s'imposent aussi à un grand nombre et est une réalité collective.Fou rire collectif, courants D'OPINION,états d'âmes.C'est ce qui fait que les taux de natalité,suicide,mariage sont plus ou moins élevés.La mode est aussi un exemple.
Ce sont des formes de contraintes s'imposant par la DURÉE (socialisation)et le NOMBRE (conformisme)
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3.3. Action sociale et fait social : une nécessaire articulation
Deux visions tranchées : compréhension via les actions individuelles vs les cadres qui le contraignent, humain libre vs déterminismes sociaux
Cependant, Weber considère aussi que les faits sociaux CONDITIONNENT l'action, et Durkheim a cherché à comprendre la SIGNIFICATION que les individus donnent à leurs manières de vivre (aussi capables de subjectivité)
D'un point de vue sociologique, il s'agit de décrire une réalité sociale (plutôt qu'un débat philosophique) partant de l'idée que l'homme serait à la fois en partie libre et déterminé, que les deux seraient CONSUBSTANTIELLES
Ainsi, il se pourrait qu'il n'y ait d'action sociale sans fait social et inversement
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3.3.1. Pas d'actions sociales sans fait social
Le cadre contraignant est aussi ce qui rend l'action possible. Il rend l'action possible parce qu'il permet précisément aux individus de se POSITIONNER, de comprendre la situation dans laquelle ils se trouvent et agir en conséquence.
Si une action peut être significative et comprise, c'est car on puise collectivement dans une BIBLIOTHÈQUE de sens partagée pas un grand nombre de gens qui nous préexiste. C'est ce fait social qui PERMET que les actions soient significative et COMPRISE par les uns et les autres
Le fait social est un cadre qui donne du sens à l'individu pour interpréter une situation et lui propose des modèles d'actions parmi lesquels il peut puiser
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3.3.2. Pas de fait social sans action sociale
1. Si le fait social s'inscrit dans la durée c'est car il est RÉACTUALISÉ dans le temps (le fait social démocratique disparaîtrait sans l'action de voter)
2. Les faits sociaux ont une durabilité (sinon on aurait les mêmes qu'à la préhistoire) et peuvent être transformés. Il laisse donc une place à la liberté: permettant la place à l'innovation et l'invention.
Les faits sociaux d'aujourd'hui sont donc le résultat d'actions sociales passées. Ils ne sont pas que cet héritage, mais aussi actualisés en le reproduisant ou le modifiant
Les effets de l'action sociale sur le fait social peuvent être CONSCIENTS (mouvement social: transformation des cadres institutionnels) comme INVOLONTAIRE
Boudon a analysé les effets pervers des actions lorsqu'elles s'agrègent : la démocratisation scolaire par exemple multiplie les diplômes et les dévalorise car tout le monde en a un désormais
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3.3.3. Articulations entre faits sociaux et actions sociales : la notion de configuration (N. Elias) 1/2
Norbert Elias propose la configuration comme ARTICULATION entre fait et action social(e), c'est une « situation spatio-temporelle concrète D'INTERDÉPENDANCE associant des structures sociales et psychiques »
Les individus s'inscrivent d'emblée dans des relations d'interdépendance avec d'autres individus, ils dépendent les uns des autres car PRENANT COMPTE D'AUTRUI dans leurs actions. La société prend prend forme à travers ces interdépendances entre individus, mais n'est réductible aux individus qui la composent
Il prend l'image du JEU D'ÉCHEC, opposant deux joueurs de forces égales. Il devient difficile de maitriser le cours du jeu, car chaque coup mène les joueurs à un endroit où il n'avait pas prévu de se retrouver. Le jeu commencé et perpétré par les actes des joueurs devient autonome par rapport à leurs actes : le déroulement du jeu EXERCE UN POUVOIR sur le comportement et la pensée du joueur. Comme si le jeu devenait un 3ème joueur.
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3.3.3. La configuration d'Elias 2/2
Ainsi, chaque coup joué, chaque action sociale posée s'inscrit dans un cadre (règles du jeu et dispositions des pièces sur l'échiquier à un moment donné) Cette configuration DÉPEND des coups (actions sociales) joués précédemment. Et il faut jouer avec ce cadre. Chaque nouveau coup (action) CHANGE la configuration. Cette nouvelle configuration va canaliser les actions possibles des joueurs tout en leur procurant aussi des marges de manœuvre nouvelles. Les actions s'inscrivent dans un cadre contraignant : 1. faits sociaux imposés de l'extérieur
2. posées par des individus reliés interdépendamment
3. il résulte de ça des configuration, se reproduisant ou transformant, dépassant leurs volontés qui s'imposent à eux
La sociologie étudie dans tous ces aspects cette configuration
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4. Méthode
La sociologie repose sur un point de vue : l'étude des phénomènes sociaux. Aussi, elle adopte une DÉMARCHE méthodologique particulière, elle est faite de 4 règles essentielles :
1. Les faits sociaux doivent être considérés comme des CHOSES
2. La règle de TOTALITÉ
3. La cause d'un fait social doit être recherchée dans D'AUTRES faits sociaux
4. La règle de la CONSTRUCTION DU FAIT
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4.1 Les faits sociaux doivent être considérés comme des choses
C'est Durkheim qui formule cette règle (Les règles de la méthode sociologique, 1895)
Elle ne veut PAS dire qu'on doit considérer les ÊTRE HUMAINS COMME DES CHOSES (sur lesquels on pourrait faire des expérimentations par exemple)
Elle ne veut pas dire qu'elle ne s'intéresse PAS AUX FAITS DE CONSCIENCE (qui ne sont pas des choses matérielles) ou les réduits à de vulgaires choses
Cette règle signifie que les faits sociaux ont une RÉALITÉ PROPRE, OBSERVABLE. Elle dit plus de l'attitude du scientifique que de la nature des faits sociaux. Nous avons l'impression de les connaître car nous sommes tous dedans, mais pour prétendre à une scientificité, il faut pouvoir leur donner une réalité propre en dehors de nous même, tenter de les OBJECTIVER, et refuser la tentation de projeter notre subjectivité
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Sahlins, Age de pierre, âge d'abondance (1972)
1.Les occidentaux voient les sociétés traditionnelles comme sous-évolués 2. Salhins lors de ses voyages conclut que ce sont les dernières sociétés d'abondance 3. Le hiatus vient de l'ethnocentrisme : les anthropologues et économistes ont analysés ces sociétés à travers leurs lunettes occidentales
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4.1.2. La nécessité de produire des concepts 4.1.3. La notion de "normalité"
4.1.2. Pour s'éloigner des A PRIORI contenus dans les mots du LANGAGE COURANT, la sociologie produit des concepts. Ce sont des termes abstraits pour rendre intelligible une réalité sociale complexe. 4.1.3. La notion de normalité dans le sens commun, véhicule un jugement moral ou NORMATIF. Le sociologue doit observer sans jugement, la normalité évoque donc tout phénomène apparaissant comme une TENDANCE.
Durkheim : "un fait social est normal pour un type social déterminé, considéré à une phase déterminée de son développement, quand il se produit dans la moyenne des sociétés de cette espèce considérées à la phase correspondante de leur évolution"
Le CRIME est considéré comme anormal dans le sens commun, pourtant il est observable dans toutes sociétés, et est normal en sociologie. Il ne s'agit pas de dire que les crimes soient acceptable et justifiable.
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4.1.4. La double herméneutique
Les sociologues rencontrent des sujets pensants. Qui témoignent d'une INTERPRÉTATION lors des interviews sociologique. Les sociologues interprètent donc les interprétations en les traduisant en CONCEPTS scientifiques. Giddens: "le savoir sociologique se développe en parasitant les concepts des agents profanes"
Dans un second temps, les sociologues RÉINJECTENT leurs concepts dans le champ social, en publiant leurs recherches.
L'incivilité signifie la rupture des routines d'interactions en sociologie, et la "quasi-infraction" dans le langage courant
La sociologie produit donc de nouveaux a priori
Le sociologue MODIFIE la réalité sociale en la communiquant, elle est déjà différente de ce que la sociologie décrit (voir présidentielle 2002)
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4.2. La règle de totalité
Un fait social ne peut être compris si on le considère comme une ENTITÉ ISOLÉE. Il est nécessaire de le replacer dans un CONTEXTE. pour comprendre, il faut mettre en évidence des LIENS (causalité, ...). Si on ne le fait pas, la sociologie reste DESCRIPTIVE, et risque de réduire le fait social à des "clichés". Toutes les relations SIGNIFICATIVES sont à prendre en considération, formant alors un TOUT.
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Hoggart : La culture du pauvre (1970)
1. Les analyses décrivent la culture des classes populaires comme IMPRÉVOYANTE, dépenses déraisonnable. Le problème est donc moral, et la solution L'ÉDUCATION à la prévoyance et la gestion stricte du budget
2. Hoggart mène son enquête et lorsqu'il s'entretient avec ces ménages, ils expliquent que leurs avenirs est INCERTAIN et les dépenses permettent de PROFITER du présent
3. Il conclut qu'il manque une étape entre la description et la conclusion et ses jugements, celle de la COMPRÉHENSION, permettant la totalité. Ces classes sont si pauvres que le peu qu'elles puissent économiser NE SUFFIRAIT à faire face à une difficulté. Ainsi, ils investissent dans le CAPITAL SOLIDAIRE, à travers des repas festifs, cadeaux, ...
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4.3. La cause d'un fait social doit être recherchée dans d'autres faits sociaux
Dans l'ensemble de tout ce qui permet d'expliquer un fait social, le sociologue s'intéresse en particulier aux éléments qui sont EUX-MÊMES des faits sociaux. C'est ce qui fait la spécificité de la sociologie. Le sociologue doit laisser les analyses des autres facteurs y contribuant AUX AUTRES disciplines. Il se croisera à eux en vue d'une analyse interdisciplinaire. DURKHEIM a formulé cette règle, c'est pourquoi elle n'évoque pas les actions sociales, on pourrait alors remplacer fait social par PHÉNOMÈNE SOCIAL.
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La règle de construction du fait
La méthode sociologique repose sur la tension entre EMPIRISME (toute connaissance dérive de l'expérience, rien de l'expérience ne passe pas avant par les sens) et THÉORIE ( construction intellectuelle proposant un modèle rationnel de compréhension de la réalité, par classifications, typologie, concepts,...)
L'empirisme seul réduirait l'analyse à une seule DESCRIPTION. Il faut DÉGAGER des liens, modèles, permettant de comprendre ce qu'on observe. À l'inverse, une théorie sociologique ne s'articulant pas sur des faits avérés, serait une construction purement SUBJECTIVE du chercheur. Une théorie ne tient que si elle tient face à la réalité observée.
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4.4.1. Méthodes quantitatives
Elles font appel aux STATISTIQUES. Dégageant les lois des phénomènes sociaux, en observant un grand nombre. Un échantillon représentatif correctement choisi, pourra donner une idée assez exacte.
Ce qui fait la pertinence des statistiques, c'est la RIGUEUR DE L'ÉCHANTILLON. Un de 100 peut être plus représentatif qu'un de 10000. Ensuite, s'il est correctement construit, plus un échantillon est grand plus les écarts entre la réalité et les chiffres de l'étude sont faibles.
Les chiffres donnent L'ILLUSION que la réalité se donne à voir de manière directe, or elle est aussi le résultat d'une CONSTRUCTION
A. Les SOURCES doivent être valide, mais aussi PERTINENTES
Les chiffres de la criminalité par exemple, sont enregistrées par la POLICE. Ils révèlent donc la connaissance que la police a des phénomènes criminels que de leur réalité propre. N'apparaît pas le chiffre noir. Si la police se focus sur les vols de vélos, leurs chiffres augmenteront, mais pas la réalité des vols de vélos, représentant d'avantage l'activité policière
B. Il faut se méfier des INTERPRÉTATIONS ERRONÉES. Affirmer qu'il y a plus de vols de VÉLOS à Amsterdam qu'à Bruxelles ne signifie pas que les Hollandais sont de plus grands voleurs de vélos que les Belges, il faut tenir compte du fait qu'il y a beaucoup plus de vélos à Amsterdam
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4.4.2. Méthodes qualitatives
Elles visent à découvrir la qualité, la NATURE, de l'objet étudié, d'avantage que sa fréquence. Ses outils sont L'OBSERVATION (neutre ou participante, repose sur une GRILLE d'observation construite au préalable à parti de laquelle le sociologue élabore son analyse) et L'ENTRETIEN SOCIOLOGIQUE (individuel ou collectif, s'articulant sur un QUESTIONNAIRE composé de questions fermées, ou une grille d'entretien reprenant de grandes thématiques, sur base de questions ouvertes
Elles sont requises pour des données en PETIT nombre, mais aussi pour contractualiser une analyse, et accéder au SENS que les individus donnent à leurs actions
Le degré de SATURATION permet de considéré que l'information est bien valide, lorsque les méthodes utilisées n'apportent plus de nouvelles informations
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4.4.3. Réflexivité
C'est de prendre SOI-MÊME comme sujet d'analyse, le sociologue doit pouvoir s'interroger sur lui-même, ses choix méthodologiques, ses BIAIS, les EFFETS de son analyse.
"Connaître c'est d'abord se connaître soi-même"
Ce travail n'est pas affaire de bonne volonté mais de travail scientifique
Les OUTILS : connaître les limites et bénéfices des méthodes
L'IMPACT: de notre effort de connaissance sur L'OBJET (double herméneutique, influence, les productions sociologique sont aussi des actions sociales, participant à l'évolution du fait social) Les sondages des élections de 2002 et leur impact sur le taux d'abstention
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Partie 2. Les fondations de la sociologie 1. Le contexte historique d'émergence de la sociologie (19ème)
Il n'est pas neuf que des penseurs s'intéresse à la société, mais il s'agit plus de PHILOSOPHIE que de science.
Certains auteurs comme Raymond Aron (1967) considèrent Montesquieu comme le premier sociologue avec une intention scientifique : Dans L'ESPRIT DES LOIS (1748) il montrait comment 1.la coutume 2.la religion 3.la loi sont les 3 types d'institutions dans les sociétés. Mais il est généralement vu comme un précurseur.
Il faut attendre le 19ème, et les (r)évolutions POLITIQUES, INDUSTRIELLES, et des IDÉES, pour qu'elle devienne une discipline scientifique
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1.1 (R)évolution des idées 1.1.2. Développement des SCIENCES NATURELLES
Le rationalisme de Descartes a posé les fondements d'une perception de l'homme comme SIÈGE DE LA RATIONALITÉ. La religion perd son monopole, on parle de LAÏCISATION. Apparaît une MÉTAPHYSIQUE sociale posant les grands principes IDÉAUX, tels que le contrat social, liberté, égalité,... s'amplifiant par la redécouverte des classiques grecs à la Renaissance, l'âge classique, et les lumières. Elle va SOUTENIR l'émergence des révolutions politiques
1.1.2. Développement des SCIENCES NATURELLES :
1. MATHÉMATIQUES et probabilités (soutenant la physique et techniques assurantielles)
2. Physique (énergie VAPEUR pour la révolution industrielle)
3. Médecine : a. l'organisme comme éléments INTERDÉPENDANTS (homéostasie, la cellule comme unité élémentaire,...) b. L'ÉVOLUTION des espèces liée à leur adaptation et SÉLECTION NATURELLE
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1.2 Révolutions politiques et questions de stabilité
1648 en Angleterre, 1775-83, 1789 en France
l'Europe est en ébullition au cours du 19ème, SUCCESSION de régime et AFFRONTEMENTS idéologiques. La préoccupation de l'époque est de savoir comment mettre FIN À LA CRISE et ramener la PAIX et la STABILITÉ
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1.3. Révolution industrielle et question sociale
L'évolution des sciences et techniques donne naissance à la révolution industrielle. On voit progressivement apparaître un PROLÉTARIAT, dans des situations sociale désastreuse. Cette dégradation s'accompagne de RISQUES importants en ce qui ME concerne L'ORDRE social. Des MOUVEMENTS SOCIAUX et politiques s'organisent. La question sociale ne peut plus être ignorée.
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1.4. Deux crises, deux questionnements et la sociologie comme perspective de réponse
Vu la SÉCULARISATION, Dieu n'est plus une piste de solution satisfaisante. On pourrait se tourner vers la MÉTAPHYSIQUE, mais les conceptions idéologiques conflictuelles sont dues à la philosophie
On se tourne alors vers les SCIENCES NATURELLES : mieux comprendre les lois naturelles de FONCTIONNEMENT de la société permettrait de mieux CONCEVOIR les lois humaines d'organisation sociale et politique. Ils envisagent donc de fournir des RÉFORMES de la société
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1.4.1. La physique sociale
1.4.2. L'influence de la biologie : socio-logie
Certains se tournent vers la physique. QUÉTELET publie en 1835 son essai de physique sociale. Un grand nombre d'enquêtes sur le PAUPÉRISME et les conditions de vie des OUVRIERS dans cette optique statistique. En 1840, VILLERMÉ publie son Tableau physique et moral des ouvriers dans les fabriques de coton, laine et soie. En 1855, Frédéric LE PLAY publie Les OUVRIERS EUROPÉENS. En 1845, ENGELS publie La situation des classes laborieuses en Angleterre
1.4.2. Certains se tournent vers la biologie : les notions D'ORGANISME et de FONCTION, D'ÉQUILIBRE et de dynamisme, de cellule, vont faire ÉCHO avec la sociologie, les individus= cellule, société = organisme,
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2. Auguste Comte
2.1. La loi des 3 états
On attribue la paternité du terme "sociologie" à Auguste Comte, en 1839. Il suit la doctrine POSITIVISTE, suivant une démarche scientifique (on observe notamment l'influence de la biologie)
2.1.
1. Un état THÉOLOGIQUE : où l'homme explique les phénomènes en les attribuant à des agents SURNATURELS
2. Un état métaphysique : " " " " par des entités ABSTRAITES, des CAUSES ULTIMES, idées philosophiques, grands PRINCIPES
3. Un état positif : " " " " en se limitant à les OBSERVER et à en dégager des LOIS de fonctionnement. On s'en tient à l'expérience SENSIBLE

Ils peuvent décrire l'évolution INDIVIDUELLE (l'enfance où on croit à la magie, l'adolescence et ses questions existentielles, la maturité où on s'en tient PRAGMATIQUEMENT à la réalité observable des choses) ou HISTORIQUE des sociétés (Ancien régime et ses monarchies de droit divin, les révolutions politiques et leurs idées philosophiques de la liberté, l'égalité,... ) Comte plaide pour le passage à un âge positif, nécessaire pour la réformer
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2.2. La classification des sciences
Comte classe les sciences en fonction de la moins au plus COMPLEXE. Les moins complexes traitent de matières abstraites, plus elles sont CONCRÈTES, VIVANTES, et proches de l'humain, plus elles sont complexes. Chaque discipline scientifique puise ses origines dans la moins complexe qui la PRÉCÈDE. Math->Physique->chimie->Bio
Tout l'enjeu pour Comte est de faire passer l'étude du social de l'état métaphysique à l'état positif
La SOCIOLOGIE serait donc un nouveau degré encore plus complexe
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2.3. Élaborer une nouvelle science sociologique en s'inspirant de la démarche synthétique de la biologie
Comte propose de S'INSPIRER des sciences MOINS COMPLEXES qui sont d'ores et déjà positives, les sciences naturelles. Il va préférer le terme "sociologie" à celui de "physique sociale" pour 2 raisons :
1. Il souhaite SE DÉMARQUER de Quételet
2. En regardant sa CLASSIFICATION des sciences, on peut penser qu'il aurait plus à gagner en s'intéressant aux sciences PLUS COMPLEXES de la bio-logie, qui est une science synthétique, et non analytique
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2.4. La dimension politique : le pouvoir spirituel du sociologue
Il y a une dimension politique importante dans l'œuvre de Comté. La sociologie doit permettre de RÉFORMER et conduire la société de façon SCIENTIFIQUE.
Accédant ainsi au statut de science, l'étude des phénomènes sociaux peut DEVENIR un pouvoir SPIRITUEL
Comte s'inspire des DEUX GLAIVES de St-Augustin, l'ordre social repose toujours sur deux formes de pouvoir :
1. Un pouvoir TEMPOREL, qui s'exerce par la forme MATÉRIELLE (force du nombre, de la richesse,...)
2. Un pouvoir SPIRITUEL, qui s'exerce par la force des sentiments et surtout la force des IDÉES. Le pouvoir spirituel à la fonction :
-Il CONVAINC les individus de la nécessité et LÉGITIMITÉ du pouvoir temporel.
-Il est un CONTRE-POUVOIR qui modèle et LIMITE le pouvoir temporel, rappelant les dirigeants à l'ordre
L'EGLISE et la NOBLESSE jouaient ces rôles dans l'Ancien Régime
Avec la naissance d'une société positiviste, ce serait la science et les SOCIOLOGUES qui joueraient ce rôle.
Paradoxe : vouloir une connaissance positiviste en s'appuyant sur La cité de Dieu. Comte se pensait le fondateur d'une nouvelle science mais aussi d'une nouvelle religion
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2.5. La sociologie, une nouvelle religion ?
Comte pense que la réforme sociale doit passer par une des idées. En 1854, il publie un livre plaçant la SOCIOLOGIE COMME RELIGION. La tendance TECHNOCRATE qui est un système ou les dirigeants sont des experts et techniciens, trouve un de ses fondements chez Comte. Elle est DISCUTABLE démocratiquement
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3. Herbert Spencer
3.1. Analogie entre organisme social et vivant.
3.2. Évolution par la complexification
Il APPLIQUE la loi de L'ÉVOLUTION à l'histoire des sociétés
3.1. Il publie Principes de Sociologie, selon lui les organismes sont constitués d'organes assurant une FONCTION ESSENTIELLE à la survie : SOUTIEN (système alimentaire=industriel), RÉGULATION (système neuromusculaire= gouvernemental et militaire), DISTRIBUTION (système cardiovasculaire= commercial et de communication) 3.2. Spencer applique la loi de complexification à l'histoire sociale : poussée interne DU PLUS SIMPLE AU PLUS COMPLEXE. La société grandissante implique une différenciation et SPÉCIALISATION, les sociétés modernes se caractérisent par leur complexité et hétérogénéité. Les individus sont donc INTERDÉPENDANTS, les sociétés évoluées sont de type INDUSTRIEL et moins évoluées de type militaire. Spencer spécifie néanmoins qu'il existe des sociétés MIXTES. Et qu'elles évoluent à des RYTHMES différents
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3.3. La dimension politique : contre l'intervention de l'Etat
Il est radicalement LIBÉRAL, les lois humaines et l'intervention étatique PARASITERAIENT les lois naturelles d'autorégulation. SOUTENIR artificiellement les plus faibles FRAGILISE globalement l'espèce humaine. On voit ici le versant EUGÉNISTE que prendra le Darwinisme social durant le 20ème
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4. Émile Durkheim
4.1. La conscience collective
"le tout est plus que la somme des parties qui le composent"
4.1. la conscience collective est "l'ensemble des CROYANCES et des SENTIMENTS COMMUNS à la moyenne des membres d'une même société, formant un système déterminé qui a sa vie propre"
Dans Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912) Durkheim tente d'élaborer une théorie générale de la RELIGION comme FAIT SOCIAL. Il étudie les formes les plus ÉLÉMENTAIRES de religion des sociétés qui paraissent SIMPLES, pour prétendre sociologiquement comment NAÎT une religion. Il estime que c'est L'EXPÉRIENCE DE LA COLLECTIVITÉ, des rituels D'EFFERVESCENCE COLLECTIVE, proches de la TRANSE, que les individus se sentent POSSÉDÉS par des formes supérieures qui les dépassent. Cette intuition d'un monde sacré, n'est que celle d'une conscience collective. C'est de l'expérience d'une vie collective vécue de façon INTENSE et extrême que naissent les dieux et la religion. Il estime que c'est aussi le cas pour les formes plus évolués voir laïques de la religion : les crises RÉVOLUTIONNAIRES ont le MÊME impact d'exaltation collective pour les sociétés modernes.
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4.2. Les formes de solidarité : mécanique et organique
Dans sa thèse de doctorat, De la division du travail social, 1893. Il y affirme qu'une société N'EXISTE que quand une forme de SOLIDARITÉ RELIE les individus entre eux. Pour lui, c'est une TRANSFORMATION des formes de solidarité qui caractérise le 19ème, et qui répond à la théorie catastrophe de Malthus : scénario où L'ÉCART entre les moyens de SUBSISTANCE et la POPULATION allait être si important que cela créerait des FAMINES. Selon Durkheim, les sociétés préindustrielles étaient MÉCANIQUES (solidarité par SIMILITUDE, MÊME sentiment/VALEURS/croyances. La conscience collective y est si forte que les INDIVIDUS sont PEU DIFFÉRENCIÉS. On pense en "NOUS") Mais la densité croissante amène la DIFFÉRENCIATION, puis la spécialisation et L'INTERDÉPENDANCE. Nous arrivons alors à une société à solidarité ORGANIQUE (solidarité qui repose sur la DIFFÉRENCE entre les individus, de laquelle découle la COMPLÉMENTARITÉ, on a besoin des autres pour survivre. On est INTERDÉPENDANTS, et moins facilement REMPLAÇABLES. Durkheim oppose au système de compétition celui de la COOPÉRATION.
Les valeurs D'AUTONOMIE et de liberté individuelle sont promues par les sociétés MODERNES. Paradoxalement on a rien de bien original à revendiquer notre individualité et autonomie. L'individualisme est un FAIT SOCIAL, basé sur notre modèle organique (la conscience collective n'a pas complètement disparu pour autant). Différenciation -> individualisme
Pression démographique -> Solidarité ORGANIQUE
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4.3. Les types de suicide
Le suicide est aussi un FAIT SOCIAL. Il est davantage social que psychologique car son taux est CONSTANT pour des populations données. Gabriel Tarde estimait que L'ORDRE SOCIAL reposait sur L'IMITATION entre les individus. Durkheim balaye cette explication en montrant que le TAUX DE SUICIDE entre 2 populations VOISINES peut être bien DIFFÉRENTS.
Le modèle de Durkheim repose sur :
1. L'INTÉGRATION : processus par lequel un GROUPE social s'efforce de faire ADHÉRER ses membres à quelque chose qui les DÉPASSE (conscience collective), ils ont intégré un IDÉAL plus grand que leur personne.
2. La régulation : processus par lequel une SOCIÉTÉ tente d'imposer des LIMITES aux BESOINS des individus. De RÉGULER les désirs infinis des êtres humains par des NORMES. Durkheim observe que le taux de suicide S'ACCROÎT dans les périodes où soit l'intégration soit la régulation deviennent INSUFFISANTES ou EXCESSIVE
Le suicide :
A. Altruiste: groupes sociaux où L'INTÉGRATION est ACCESSIVE : sa VIE n'a PLUS DE VALEUR tant la conscience collective est puissante . Il est PRÊT À MOURIR pour son groupe (kamikaze ,...)
B. Égoïste : INTÉGRATION INSUFFISANTE. Il ne se sent PLUS intégré dans un idéal qui le dépasse. ABANDONNÉ à lui-même, il préfère se donner la mort (célibataire, couple marié sans enfant ...)
C. Fataliste : RÉGULATION EXCESSIVE. PLUS DE PLACE AUX DÉSIRS des individus qui n'ont que la mort comme échappatoire (prison,...)
D. Suicide anomique : RÉGULATION INSUFFISANTE. Les NORMES ne suffisent plus à contenir les désirs des individus. Les DÉSIRS s'ils ne sont pas contenus par des règles, DEVIENNENT DÉRAISONNABLES par rapport aux réalités sociales.
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4.4 Le normal et le pathologique (exemple du suicide)
le suicide en tant que tel est un phénomène NORMAL. car il existe des suicides dans toute société. Avec un taux relativement CONSTANT de suicides dans les différentes sociétésroupes sociaux et on y rencontre les QUATRE types de suicide, avec des poids différents. Les suicides ALTRUISTES ou FATALISTES sont davantage dans les sociétés préindustrielles à solidarité MÉCANIQUE où la CONSCIENCE COLLECTIVE est tellement FORTE que la régulation et l'intégration risquent d'être excessives. Le suicide devient ANORMAL, une pathologie sociale, dès que son taux n'est plus constant, où l'on observe une AUGMENTATION IMPORTANTE du taux de suicide. Or, on observe une AUGMENTATION TRÈS IMPORTANTE du taux de suicide dans la société MODERNE, parallèlement à l'industrialisation.

Il est une pathologie sociale liée à l'industrialisation et plus largement au processus de DIFFÉRENCIATION sociale. Les types de suicides qui augmentent de façon importante dans la société moderne sont les suicides ÉGOÏSTES et ANOMIQUES, i.e. les suicides liés à une INTÉGRATION et à une RÉGULATION INSUFFISANTES. Car la conscience collective des sociétés modernes est moins forte que dans les sociétés préindustrielles (car marquée par le paradoxe qu'elle promeut en valeur collective l'autonomie individuelle). Dans la solidarité organique, les individus sont MOINS INTÉGRÉS dans les collectifs et la conscience collective RÉGULE MOINS leurs désirs illimités.
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4.5. Le crime et le droit 1/2
Le crime comme phénomène normal
Le crime aussi, en tant que tel est un phénomène NORMAL dans toute société. Il peut devenir le symptôme d'une PATHOLOGIE sociale si les taux ne sont plus relativement CONSTANTS et montrent des VARIATIONS importantes à un moment donné. En outre, pour DURKHEIM, le crime est un phénomène social. En effet, le crime n'existe qu'à partir du moment où la société a DÉFINI des actes répréhensibles. Un acte peut être considéré comme criminel par une société et pas par une autre. (e.g. la sorcellerie au temps de l'inquisition) Un acte n'est dit criminel qu'à partir du moment ou la société l'a défini comme tel. Pour DURKHEIM, L'ANOMIE est le trait MARQUANT de la criminalité au 19e siècle. La société régule INSUFFISAMMENT les désirs des individus et poussent certains à des attentes inconsidérées par rapport à ce que la société est capable de satisfaire. L'ÉGOÏSME, à savoir le manque d'intégration dans des groupes, pourrait aussi expliquer le crime au 19ème. DURKHEIM s'intéresse aux formes du droit. il distingue DEUX TYPES de droits qui sont caractéristiques des formes de solidarité.
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4.5. Le crime et le droit 2/2
1. Le droit RÉPRESSIF sanctionne par le CHÂTIMENT (la torture, la mort ou l'exclusion) les fautes et les crimes. Ce n'est pas tant un moyen dissuasif qu'une forme de RITUEL afin de SATISFAIRE et RÉAFFIRMER la CONSCIENCE COLLECTIVE lorsqu'elle a été violée.
2. Le droit RESTITUTIF ou coopératif est celui qui organise la COOPÉRATION entre les individus et remet les choses EN ÉTAT lorsqu'une faute a été commise. N'est-pas une punition mais une manière de RÉTABLIR les choses comme elles auraient DÛ L'ÊTRE au regard de la justice. C'est un droit CONTRACTUEL : celui qui n'a pas payé sa dette doit la rembourser ; celui qui n'a pas respecté le contrat doit remettre LES CHOSES EN ÉTAT. Dans l'ancien régime, le supplice sur la PLACE PUBLIQUE était chose courante. Une nouvelle forme de droit qui se fonde sur la LIBERTÉ, la responsabilité, contrat social. Une série de droits pour organiser la COOPÉRATION entre les individus, comme les droits COMMERCIAUX, des droits CONSTITUTIONNELS. Même le droit pénal s'inspire de l'idée de contrat social et les sanctions PRIVENT les individus de la valeur la plus chère de la société moderne à savoir la LIBERTÉ. Même si simplistes, ils conservent une certaine résonance jusqu'à aujourd'hui. L'accès aux droits sociaux passe de plus en plus par un CONTRAT, comme le montre le remplacement du minimex par le revenu d'intégration sociale.
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4.6. Réforme proposée par DURKHEIM : le socialisme
Les pathologies sont liées à L'INSUFFISANCE D'INTÉGRATION et de RÉGULATION. Il ne souhaite pas à un retour à une solidarité plus MÉCANIQUE. La société à solidarité organique est quelque chose de positif. La solution ne peut être ni un adoucissement de la division du travail, ni un renforcement de la religion. il estime aussi que la FAMILLE ne peut plus jouer un rôle intégrateur et régulateur aussi important que par le passé. Ces solutions, DURKHEIM les développe dans son Cours de socialisme. Pour favoriser la régulation et l'intégration, DURKHEIM insiste sur le rôle important de L'ÉDUCATION pour tous car elle RENFORCE L'INTÉGRATION puisqu'elle permet de TRANSMETTRE LA CONSCIENCE COLLECTIVE aux individus, les valeurs communes (raison, liberté, responsabilité,...) de la société moderne. L'éducation favorise aussi la RÉGULATION en inculquant les NORMES qui permettent de MAÎTRISER LES DÉSIRS individuels illimités, elle joue un rôle moral important. Dans le domaine économique, il propose une organisation sociale en CORPORATIONS, i.E. des organisations regroupant employeurs ET employés (et représentants de l'Etat), des organisations capables d'intégrer les différents groupes sociaux et de réguler leurs relations; régulant la vie économique en la MORALISANT. DURKHEIM aura une grande influence sur les premiers socialistes français, la défense de l'école républicaine pour tous, derrière les organisations syndicales et paritaires (employeurs, salariés, Etat ; l'organisation d'une sécurité sociale nationale (et donc les droits sociaux) organisant la solidarité entre individus.
5. KARL MARX
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5. KARL MARX
5.1. Matérialisme
MARX adapte la philosophie HÉGÉLIENNE à l'analyse économique, historique et sociologique de la société industrielle et capitaliste. On dit de sa sociologie qu'elle est MATÉRIALISTE, historique et DIALECTIQUE.

Pour MARX, c'est le monde MATÉRIEL qui prime et qui intervient en première instance, en l'étudiant on comprend comment la société FONCTIONNE, comment ses membres pensent et agissent. MARX ne réfute pas l'existence des sentiments et des idées, il pense que les faits de conscience ne sont PAS SUBJECTIFS, liés aux individus mais sont aussi SOCIALES ; que les faits de conscience sont COLLECTIFS, SUPÉRIEURS et S'IMPOSENT comme une réalité matérielle aux hommes qui vivent en leur sein. Les idées relèvent du monde matériel car EXTÉRIEURES à l'être, elles sont parties CONSTITUTIVES du monde qui l'entoure, et leur réalité subsiste INDÉPENDAMMENT de la conscience des individus. D'où la phrase de MARX : « Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience ».
MARX établit une distinction importante entre l'infrastructure et la superstructure.
L'INFRASTRUCTURE est le système de PRODUCTION, l'ensemble formé par les forces productives, les rapports TECHNIQUES et les RAPPORTS SOCIAUX de production
La SUPERSTRUCTURE est l'ensemble des formes POLITIQUES, JURIDIQUES ET IDÉOLOGIQUES LIÉS à un état donné de L'INFRASTRUCTURE économique. Elle recouvre aussi les formes de la CONSCIENCE SOCIALE (les idéologies, valeurs, croyances). Le monde des idées en tant que réalité matérielle s'inscrit donc dans la superstructure.
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5.1. Matérialisme 2/2
Continuum de la matière, qui va du plus concret au plus abstrait. MARX établit une priorité dans les relations de causalité. C'est L'INFRASTRUCTURE qui détermine la superstructure. Ce sont les formes du système de production qui DÉTERMINENT les institutions sociales et les consciences. C'est pourquoi la sociologie de MARX se fonde d'abord sur une analyse économique de la société, en particulier capitaliste, MARX propose une analyse plus globale de la société de son siècle

Au SEIN de l'infrastructure :
1. Les forces productives recouvrent :
-Les forces MATÉRIELLES de production qui reposent sur l'état des TECHNIQUES disponibles : les outils, les énergies, les moyens de communication, etc.
-Les forces HUMAINES de production qui correspondent aux forces de travail, mettant en œuvre les forces matérielles à travers des rapports sociaux de production.
Les RAPPORTS SOCIAUX de production caractérisent le lien ENTRE les forces humaines et les forces matérielles, se traduisant dans la répartition des biens et des outils, des statuts et leurs expressions juridiques.
Les MODES DE PRODUCTION sont le résultat de la COMBINAISON entre l'état des forces productives et les rapports sociaux de production à un moment donné. A chaque état des techniques correspondent des rapports de production spécifiques qui se combinent pour constituer un mode de production.
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5.2. Matérialisme historique : la matière est en mouvement
La nature de la matière est par essence le MOUVEMENT. Pour MARX, l'immobilité ou la stabilité n'est qu'un état particulier et MOMENTANÉ de la matière. Le facteur temps est donc particulièrement important pour MARX. Non seulement, les phénomènes sociaux ne peuvent être compris EN DEHORS de leur contexte matériel ; mais la matière étant caractérisée par le mouvement, la COMPRÉHENSION des phénomènes sociaux passe aussi par une approche HISTORIQUE. On parle donc de MATÉRIALISME HISTORIQUE. Le moteur de ce mouvement incessant est la matérialisme dialectique
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5.3. Matérialisme dialectique : le mouvement découle de la contradiction
Chaque phénomène doit être interprété comme une CONTRADICTION entre deux COMPOSANTES, l'unité des contraires. Le FROTTEMENT des contraires produit le mouvement vers la RÉSOLUTION de la contradiction. Faisant face à une NOUVELLE contradiction qui devra à son tour se résoudre. La dialectique stipule que, de la confrontation entre la thèse et l'antithèse (qui lui est opposée), naît une proposition nouvelle que l'on appelle la SYNTHÈSE.
Confrontées à leurs propres contradictions, les sociétés CHANGENT : d'abord L'INFRASTRUCTURE et puis la superstructure.
La société FÉODALE et la nouvelle classe de BOURGEOIS commerçants favorisé par les grandes DÉCOUVERTES de la navigation et l'accroissement des marchés et des échanges COMMERCIAUX, elles sont rivales parce que les bourgeois sont EXCLUS du pouvoir, mais leur pouvoir économique et leur richesse grandissante MENACENT les privilèges de l'aristocratie. Ils deviendront bourgeois industriels, patrons de manufactures. ils S'ALLIERONT aux ouvriers pour renverser le pouvoir monarchique. La contradiction se résout et donne lieu à une nouvelle organisation sociale. Cette nouvelle organisation sociale (industrielle et CAPITALISTE) est marquée par une nouvelle contradiction entre BOURGEOISIE et PROLÉTARIAT, qui s'exprime dans la question sociale

D'après lui, la révolution communiste devrait mettre FIN à ce cycle historique car, en mettant en place une société d'hommes libres, sans plus AUCUNE domination, il n'y aurait PLUS de conflit possible et donc le moteur de l'histoire devrait s'arrêter. C'est ce qu'il nomme la « FIN DE L'HISTOIRE »
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5.5. Les contradictions du capitalisme
5.5.1. Théorie de la plus-value
Pour MARX, la VALEUR des objets correspond à la valeur travail, quantité de TRAVAIL NÉCESSAIRE à leur production. Dans le capitalisme, la force de travail, i.e. HOMMES disponibles pour travailler, est une MARCHANDISE comme une autre. Leur VALEUR = les biens dont ils ont besoins pour SURVIVRE et pour se reproduire= le SALAIRE. Le PROFIT des patrons correspond à la PLUS-VALUE, le temps de surtravail.
Le patron empoche puisqu'il est non seulement PROPRIÉTAIRE des MOYENS DE PRODUCTION (la fabrique et ses outils) mais aussi propriétaire des PRODUITS FINIS.
Pour MARX, la plus-value est un marché de DUPE, puisque l'ouvrier est payé juste le prix de sa survie et de sa reproduction, alors qu'il est obligé de produire PLUS de valeurs que n'en nécessite sa propre survie
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5.5.2. Première contradiction : la baisse tendancielle du taux de profit
Les patrons investissent de plus en plus dans l'achat de MACHINES. Le capital FIXE (l'investissement technique) prend progressivement le pas sur le capital VARIABLE (les forces Humaines de production). Or, SEUL le capital variable produit de la PLUS-VALUE. Le machinisme permet D'AUGMENTER le rythme de travail et génère un accroissement de la plus-value. Mais à partir du moment où le capital fixe sera PLUS IMPORTANT que le capital variable, la plus-value, le profit, va commencer à décroître.
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5.5.3. Seconde contradiction : le décalage entre production et consommation
Le POUVOIR D'ACHAT des ouvriers DÉCROÎT puisque le COÛT des biens de consommation AUGMENTE avec l'accroissement général de la richesse dont profitent seuls les bourgeois (accroissement de la plusvalue). Dès lors, affirme MARX, en réduisant TROP les salaires et en augmentant TROP les productions, les patrons creusent L'ÉCART entre production et consommation. A terme, ils ne pourront plus ÉCOULER les productions et les possibilités de profit diminueront.
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5.5.4. Troisième contradiction : le conflit de classes entre bourgeoisie et prolétariat 1/4
Les deux définitions objectives
La véritable contradiction sociologique est le CONFLIT de classes entre prolétariat et bourgeoisie. Les ouvriers prendront CONSCIENCE de leur exploitation et RENVERSERONT l'ordre capitaliste. La notion de classe n'est pas univoque au fil de l'œuvre immense de MARX. On peut en retenir TROIS types de définitions. Les deux premières sont dites objectives et la troisième est plus subjective.
-Dans certains travaux, il différencie les classes à partir de L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE et des MODES DE VIE qui y sont associés (bourgeoisie financière, petite bourgeoisie, prolétariat,...). Les classes prennent tout leur sens dans leurs RAPPORTS : conflits, alliances, mésalliances, etc.
-La société capitaliste tend à DUALISER le conflit en un antagonisme FONDAMENTAL entre bourgeoisie ET prolétariat. Le conflit de classe capitaliste oppose deux classes autour de la propriété des MOYENS DE PRODUCTION : la classe bourgeoise
est propriétaire des moyens de production et leurs REVENUS dépendent du TRAVAIL des ouvriers ; tandis que les prolétaires ne sont pas propriétaires des moyens de production et leurs revenus dépendent de leur PROPRE travail. Ces situations paraissent plutôt indépendantes l'une de l'autre. La richesse n'est pas due au mérite (dans tous les sens du terme) Or, ce que montre MARX, c'est que riches et pauvres sont les Deux Faces d'un MÊME rapport social. Il n'existe pas de riches sans pauvres et, PLUS les riches sont riches, PLUS les pauvres sont pauvres. Dans le modèle de production capitaliste, la classe ouvrière n'existe que dans et par son OPPOSITION à la bourgeoisie. Le prolétariat est exploité, dominé et la bourgeoisie
est en situation de domination.
Ces définitions sont dites OBJECTIVES parce qu'elles se rapportent directement à L'INFRASTRUCTURE : soit l'origine des revenus soit l'activité économique.
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5.5.4. Troisième contradiction : le conflit de classes entre bourgeoisie et prolétariat 2/4
Définition subjective
- La troisième définition est plus SUBJECTIVE, concernant une forme de conscience. La classe sociale existe si elle s'est érigée en CONSCIENCE DE CLASSE, i.e. le moment où plusieurs individus prennent conscience de leur appartenance à un groupe social spécifique, se définit par une certaine UNITÉ et par des DIFFÉRENCES avec D'AUTRES groupes sociaux.

MARX distingue la classe POUR soi de la classe EN soi. Cette dernière est une catégorie sociale que l'on peut définir comme un ensemble d'individus dont on peut OBJECTIVEMENT constater, les mêmes conditions sociales, des intérêts collectifs à défendre ; mais qui eux-mêmes, subjectivement, n'en ont PAS CONSCIENCE.
( paysans parcellaires,...)

Le prolétariat devient une classe sociale à partir du moment où ses membres prennent CONSCIENCE de partager les MÊMES conditions de vie, ont conscience d'être exploités.
C'est à partir de cette prise de conscience collective que le prolétariat peut S'ORGANISER et entrer dans une LUTTE contre la classe bourgeoise. L'objet de ce conflit est, qu'à travers la révolution, le prolétariat accède à la PROPRIÉTÉ des moyens de production. L'ALIÉNATION est l'état qui caractérise un individu DÉPOSSÉDÉ de lui-même par la soumission de son existence à un ordre des choses auquel il participe mais qui le domine.
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5.5.4. Troisième contradiction : le conflit de classes entre bourgeoisie et prolétariat 3/4
L'aliénation définit une condition d'exploitation commune : il n'appartient plus et ne S'APPARTIENT PLUS
L'ALIÉNATION définit à la fois :
1. une condition d'exploitation communes aux ouvriers ; un élément qui rend DIFFICILE la prise de conscience de leur exploitation par les ouvriers.
Avant l'industrialisation, le travailleur était MAÎTRE de l'ensemble du processus de production. Avec la manufacture et le travail À LA CHAÎNE, l'ouvrier n'est plus propriétaire des outils de production et il n'intervient plus que dans une PARCELLE du processus de fabrication. Il perd, avec la propriété des outils, la maîtrise de l'ensemble du processus de production et le FRUIT de son travail. Il ne se reconnaît plus ni dans son TRAVAIL ni dans L'OBJET qui en résulte. Il se sent étranger à son propre travail et, par-là, à lui-même. Il est aliéné.
L'ouvrier ne S'APPARTIENT PLUS non plus. Pour survivre, il est obligé de LOUER SON TEMPS de travail, sa force de travail à un patron qui lui impose un salaire MINIMAL. Les ouvriers, dans leur condition de dominés, ne maîtrisent PAS du tout la SUPERSTRUCTURE. Celle-ci est aux mains de la classe bourgeoise dominante. Car dans l'infrastructure, les bourgeois sont placés en situation de DOMINATION, ils sont en position pour maîtriser la SUPERSTRUCTURE. Ils organisent donc les INSTITUTIONS et les FAITS DE CONSCIENCE pour assurer leur propre domination et faire accepter aux ouvriers leurs conditions d'exploitation. Elle organise la superstructure à son avantage. En ce qui concerne les institutions, pour MARX, L'ETAT et le DROIT sont des outils D'EXPLOITATION du prolétariat à la solde de la bourgeoisie. La démocratie était CENSITAIRE. MARX dénonçait une Police et une Justice qui étaient là pour RÉPRIMER les mouvements ouvriers et MAINTENIR la classe prolétaire (considérée comme classe dangereuse) à sa place.
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5.5.4. Troisième contradiction : le conflit de classes entre bourgeoisie et prolétariat 4/4
La manipulation idéologique de la bourgeoisie
Mais la superstructure recouvre aussi les FAITS DE CONSCIENCE. La bourgeoisie peut imposer une pensée dominante, une IDÉOLOGIE qui lui est favorable. La moralisation des ouvriers sert à ASSAGIR la classe ouvrière, obéissante, lui faire croire que les inégalités sociales sont justes, parce que liées aux MÉRITES et aux qualités des personnes. Et MARX considère que la RELIGION serait aussi en grande partie inféodée à la bourgeoisie, car "les béatitudes disposent que les vraies richesses ne sont pas de ce monde".

C'est là que l'aliénation est à la fois
1. un état OBJECTIF des CONDITIONS SOCIALES du prolétariat 2. un OBSTACLE à la prise de conscience de leur EXPLOITATION par les ouvriers.

L'aliénation est perverse car elle empêcherait jusqu'à la prise de conscience de l'aliénation ELLE-MÊME. Les faits de consciences (idéologies, valeurs, croyances) aux mains de la bourgeoisie effectuent un travail de sape qui font ACCEPTER L'EXPLOITATION. C'est la raison pour laquelle MARX considère que « la religion est l'opium du peuple ». D'après MARX, la conscience de classe n'est donc pas naturelle, et est rendue DIFFICILE par la superstructure noyautée par la bourgeoisie. Tout un travail de CONSCIENTISATION et d'activisme est donc nécessaire pour aider les ouvriers à prendre conscience de leur aliénation.
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5.6. La praxis : lien entre théorie et pratique
Pour MARX, la démarche théorique n'a de sens que si elle DÉBOUCHE sur une pratique. Les deux termes s'enrichissent mutuellement. Plus encore, c'est dans sa CONCRÉTISATION que la théorie prend sens. Elle est vérité que si elle se concrétise dans le réel, dans L'INFRASTRUCTURE.
Le rôle de la praxis sert à l'organisation des luttes ouvrières pour renverser le capitalisme et, par-là, de pouvoir PESER sur l'organisation sociale et les faits de conscience.
MARX considérait d'ailleurs que cette ultime révolution sonnerait la fin des antagonismes de classes. C'est ce que d'aucuns ont appelé le GRAND SOIR ou la fin de l'histoire. Sa théorie ne peut être tenue pour vraie que si, à terme, le capitalisme se DÉTRUIT par ses PROPRES contradictions ; ou encore si la révolution a bien rendu l'homme libre et soumis à aucun rapport d'exploitation. C'était sans compter sur les capacités D'ADAPTATION du capitalisme (accroissement des marchés mondiaux, capitalisme virtuel ou flexible, démocratie sociale, etc.). C'était aussi sans compter sur le TOTALITARISME administratif d'Etat dans les régimes communistes. Ceci dit, il faut souligner le fait que l'œuvre de MARX lui a sans doute en partie échappé. Car lui-même mettait en garde : « Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler ». La théorie de MARX constitue un FONDEMENT important de la sociologie d'un point de vue méthodologique et conceptuel et certains pans de sa théorie peuvent encore éclairer une série de contradictions actuelles du système capitaliste mondial, local. On peut se demander toutefois, d'un point de vue méthodologique, si L'ÉCONOMIE doit toujours constituer la dimension DOMINANTE pour expliquer la société ?
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6. MAX WEBER
Pour WEBER, histoire, sciences politiques, économiques, philosophie de la culture, droit, sont au même titre que la sociologie des sciences de la CULTURE. Les informations dont elles traitent sont trop COMPLEXES pour qu'on puisse s'inspirer des sciences de la nature pour fonder la méthode. il est préférable d'imaginer des modèles et MÉTHODES SPÉCIFIQUES aux sciences de la culture. Il considère que ces dernières doivent être COMPRÉHENSIVES, HISTORIQUES et s'intéresser à la CULTURE. Sur ce point, il est influencé par Kant et les néo-kantiens (réalité à travers l'entendement, notre interprétation du réel), ainsi que par Dilthey: rupture entre les sciences de la nature et les sciences de l'esprit (les hommes n'agissent pas de façon MÉCANIQUE aux stimuli mais INTERPRÉTENT des stimuli où interviennent les VALEURS, les CROYANCES, les REPRÉSENTATIONS, les calculs rationnels, etc)
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6.1. Sociologie compréhensive
Contradiction avec DURKHEIM ou MARX, WEBER estime qu'il n'existe PAS D'ENTITÉ COLLECTIVE sans L'ACTION des individus. Comment l'Etat agirait-il ou penserait-il, sans l'action ou la pensée de citoyens, de mandataires politiques ? Les entités collectives n'ont PAS D'EXISTENCE EN SOI. Pour les aborder, il convient de s'intéresser à L'ACTION CONCRÈTE des individus qui en représente la substance fondamentale. Or, pour WEBER, les actions sociales sont porteuses de SIGNIFICATIONS. Lorsqu'on agit en société, on tient compte D'AUTRUI pour adapter nos actions et ces dernières s'adressent à autrui. L'action a du SENS pour celui qui la pose, et celui qui la reçoit ou l'observe. Elles véhiculent donc du sens. Le propre de la sociologie est de s'intéresser aux SENS des actions sociales, les COMPRENDRE, les rendre VISIBLES et INTELLIGIBLES. En ce sens, WEBER dresse les fondements d'une sociologie qu'il veut COMPRÉHENSIVE. On se souvient que WEBER propose une typologie des actions sociales : affectives, traditionnelles, rationnelles en valeur et rationnelles en finalité.
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6.2. Sciences de la culture
Par « culture », il ne faut pas entendre le développement individuel de l'esprit ou d'un certain raffinement. Dans la tradition allemande, WEBER adopte une définition large du terme culture : les CONNAISSANCES, les symboles, les VALEURS, les NORMES, les modes de vie et leurs supports matériels acquis et partagés en société. Les sciences de la culture s'intéressent aux ŒUVRES créées par les êtres humains au cours de l'histoire. Il ne s'agit pas seulement des œuvres d'art, mais aussi des croyances religieuses, des théories scientifiques. C'est EN RÉFÉRENCE À leur culture (historiquement construite) que les êtres humains donnent du SENS aux actions sociales qu'ils posent, qu'ils reçoivent ou observent. Et c'est à partir de leurs ACTIONS actuelles que les hommes CONTINUENT à faire exister les œuvres existantes (reproduction) et en élaborent de nouvelles (production)
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6.3.1. Les sciences de la culture méritent-elles bien le nom de science ?
6.3.2. Neutralité axiologique
6.3.1. Il existe effectivement une part de SUBJECTIVITÉ dans les actions que posent les individus. En fonction d'un CONTEXTE, les individus vont donner un SENS particulier aux actions sociales. Il s'agit du sens visé subjectivement. Mais PAS uniquement affaire de subjectivité INDIVIDUELLE.
Les actions sociales se réfèrent généralement à un UNIVERS de significations partagées qui permettent aux uns et aux autres d'avoir une compréhension assez IDENTIQUE des actions. Il s'agit des SIGNIFICATIONS CULTURELLES. Enfin, les actions sociales ont aussi un sens FONCTIONNEL dans la mesure où elles participent à la reproduction d'une culture ou à sa transformation, elles interviennent comme des causes historiques.

Le sens des actions réside dans l'articulation des trois dimensions :
1. la SUBJECTIVITE de chaque individu
2. les significations culturelles qu'il PARTAGE avec d'autres
3. les FONCTIONS sociales de ses actions.

6.3.2.
1. étudier les valeurs n'est pas par nature une démarche subjective
2. le sociologue doit adopter une posture de neutralité axiologique : il doit s'interdire les JUGEMENTS de valeurs dans la production d'une connaissance scientifique. Au début de toute recherche, y compris dans les sciences naturelles, il y a sans doute aussi une part de subjectivité dans le choix de concepts, de méthodes, d'outils de recherche.
Toutefois, la neutralité axiologique dispose qu'une fois la recherche ENGAGÉE, le scientifique s'en tienne à l'établissement DES FAITS et s'interdise tout jugement de valeurs.
C'est d'autant plus important dans les sciences de la culture, particulièrement des VALEURS SOCIALES.
Le chercheur doit alors METTRE EN ÉVIDENCE les valeurs observables, les analyser, sans toutefois se permettre de les juger.
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6.4. L'idéal-type
Comme méthode d'analyse, WEBER propose l'idéal-type. Pour décrire cette méthode, Julien FREUND fait référence à L'AVARE DE MOLIERE et au personnage d'Harpagon, concentrant tous les caractères de l'avare. Tous ces caractères sont poussés à l'EXTREME, présentant un tableau CARICATURAL, mais cohérent, de l'avarice.
Il n'existe sans doute aucun avare qui réunisse à ce point toutes les caractéristiques de l'avarice. Mais la construction d'un « avare-type » fait ressortir à la perfection les clés de compréhension de tous les avares. Cette construction fictive et idéale permet de décrire, de se faire une idée de ce qu'est la réalité de l'avarice, de ce à quoi ressemblent (ne fut-ce qu'en partie) tous les avares.
Pour rendre un phénomène social intelligible, WEBER procède par idéal-type :
1. il va sélectionner les TRAITS les plus pertinents qui caractérisent le phénomène qu'il étudie
2. il va ACCENTUER ces traits
3. il va les articuler dans un TABLEAU d'ensemble cohérent.
On parle de type « idéal », non pas parce qu'il s'agirait d'un modèle à suivre, incompatible avec la neutralité axiologique. Mais « idéal » car il est une CONSTRUCTION DE LA PENSEE (des idées) et qu'on ne le rencontre pas comme tel dans la réalité. il dresse un tableau tellement COHERENT d'un objet, d'un phénomène, que ce dernier apparaît dans toute sa PERFECTION, dans toute sa splendeur.
Ce modèle est à la fois éloigné ET proche de la réalité. Car il s'agit d'une fiction que l'on a peu de chance de rencontrer. mais proche de la réalité parce qu'il permet de révéler l'ESPRIT d'un GROUPE SOCIAL à une époque donnée.
WEBER va appliquer cette méthode dans l'étude de L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme.
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6.5. L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme
6.5.1. L'idéal-type de l'éthique protestante
A. Rationalisation et Désenchantement
WEBER a l'intuition que la religion, sous certains aspects, a contribué à la naissance et au développement de la modernité et en particulier à l'essor du capitalisme. WEBER découvre que :

6.5.1. A travers l'étude de l'éthique protestante, WEBER observe : d'une part, un MOUVEMENT de RATIONALISATION ; d'autre part, la promotion d'un ESPRIT DE TRAVAIL ASCETIQUE.
A. Rationalisation et Désenchantement
Pour WEBER, la rationalisation puise ses racines les plus profondes dans l'irrationnel. Dans le monde réel, les CONTRADICTIONS (morales,...) sont aisément résolues dans une religion POLYTHEISTE (dieux sont en conflit)
Des contradictions se dégagent entre des lois et valeurs divines et des lois et valeurs humaines, dès lors que la religion devient monothéiste. Comment à la fois ne pas tuer son prochain et défendre sa patrie en cas de conflit armé ?
Il apparaît qu'il revient à l'individu de faire des choix entre les valeurs. Il est amené à les comparer, les peser. L'individu est en quelque sorte amené à calculer de façon rationnelle les valeurs sur lesquelles se fonde son action. L'action rationnelle en valeur prend de l'importance. C'est ce que WEBER nomme le PROCESSUS DE DESANCHENTEMENT (Les êtres humains se rendent compte que dieu et la religion, ne répondent pas à tout comme par magie) Le désenchantement, c'est le deuil de la croyance en la MAGIE comme explication du réel et comme moyen de salut. Le monde n'est plus enchanté par la magie.
La rationalisation est le processus qui conduit progressivement à une APPROCHE RATIONNELLE des activités. Or, pour WEBER, la Réforme protestante (16-17e siècles) effectue un pas supplémentaire dans la rationalisation au sein du monde religieux. En effet, les Eglises protestantes REJETAIENT toute forme de RITUALISME proche de la superstition et de la magie.
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6.5.1. L'idéal-type de l'éthique protestante
B. Dogme de la prédestination et promotion d'un esprit de travail ascétique
Luther combattait le trafic des INDULGENCES. Les lettres d'indulgence permettaient d'effacer - comme par magie - les péchés terrestres et de s'assurer sa place au paradis. En 1520, Luther dénonce cette DEGRADATION de la foi. « Les bonnes œuvres ne rendent pas un homme pieux, mais l'homme pieux accomplit des bonnes œuvres ».
CALVIN complète avec la PREDESTINATION : dès sa naissance, l'être humain est d'emblée désigné par Dieu pour figurer parmi ses élus ou les damnés. Il en résulte une insécurité importante pour chaque individu. Tout est déjà joué d'avance. Par contre, comme « l'homme pieux accomplit de bonnes œuvres », c'est en REGARDANT les OEUVRES qu'il accomplit sur terre que l'individu peut S'ASSURER qu'il figure bien parmi les élus.

Par le refus de la magie et le dogme de la prédestination, le protestantisme PROMEUT un esprit de travail ASCETIQUE. L'ascèse est une discipline de vie STRICTE et AUSTERE. On entend l'investissement ou le SACRIFICE de SOI dans un travail rigoureux pour un idéal supérieur, la gloire de Dieu. L'entrepreneur ne tire AUCUN PROFIT de sa RICHESSE pour lui-même. Hormis la satisfaction du devoir accompli et la conviction de figurer parmi les élus.
il convient donc d'évaluer ses œuvres terrestres, ses actions. CALCUL rationnel qui vérifie si les objectifs que l'on s'est fixés ont bien été atteints. A-t-on contribué à PRODUIRE quelque chose de meilleur, une PLUS-VALUE ? On réfléchit rationnellement, pour encore ACCROITRE l'EFFICACITE de l'action. On la REINVESTIT dans le travail (on engage plus d'ouvriers, on achète des machines, etc.). L'action rationnelle en FINALITE prend dès lors de plus en plus d'importance
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6.5.2. L'idéal-type de l'esprit du capitalisme
WEBER dresse le tableau idéal-typique de l'esprit du capitalisme. L'esprit classique du capitalisme édicte des règles rationnelles qui permettent d'ACCROITRE toujours davantage les PROFITS, son CAPITAL, tout en CONTROLANT cette TENDANCE au GAIN. L'accroissement du capital procède d'une démarche rationnelle, notamment dans la gestion d'une comptabilité qui permet le contrôle des dépenses et l'investissement de la richesse. Enfin, le capitaliste classique se revendique d'une ETHIQUE qui lui INTERDIT de jouir de sa richesse de façon OSTENSIBLE ou dans des dépenses qui ne relèvent pas de la rationalité (dépenses inconsidérées ou inutiles).
La richesse produite se doit d'être REINVESTIE dans le processus de production pour encore accroître le capital.
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6.5.3. Les affinités électives entre l'esprit du capitalisme et l'éthique protestante
2 modèles de l'idéal-type: l'un dressant le tableau de l'éthique protestante et l'autre le tableau de l'esprit du capitalisme.
Dans la réalité, protestants et capitalistes ressemblent de près ou de loin au personnage décrit par WEBER. Mais en procédant de la sorte, WEBER est en mesure de COMPARER ce qui est ESSENTIEL et TYPIQUE de l'éthique protestante avec ce qui est essentiel et typique de l'esprit du capitalisme. En mettant les deux tableaux côte à côte, il dégage des AFFINITES électives, à savoir des relations entre deux ou plusieurs phénomènes qui s'attirent et se renforcent mutuellement.

WEBER ne conclut pas pour autant que c'est le protestantisme qui a donné naissance au capitalisme. Toutefois, il démontre que la RELIGION, bien plus qu'un frein à la modernisation et au développement du capitalisme, a pu à un moment donné de l'histoire LIBERE les forces économiques et BOOSTER la dynamique capitaliste.
Tant l'éthique protestante que l'esprit du capitalisme ont promu le DEVELOPPEMENT D'ACTIONS RATIONELLES (en valeurs et/ou en finalité). Pour WEBER, ce processus central tend à se DIFFUSER dans tous les secteurs de la vie ; non seulement dans la vie économique, mais aussi dans les arts, dans les sciences et technique, dans l'exercice du droit, dans l'organisation familiale, ou encore dans l'intimité la plus stricte de l'action individuelle. Bien évidemment, le monde politique est concerné au premier chef par ce processus de rationalisation.
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6.6. Les formes de domination et la rationalisation
Les responsables politiques ont deux façons pour imposer.
1. La FORCE. Mais elle ne peut être durable. débouchant sur la REBELLION.
2. ADHESION des subordonnés : est plus DURABLE. WEBER établit une distinction entre:
A. le pouvoir qui est la possibilité pour un individu ou un groupe social d'IMPOSER sa volonté ou d'atteindre ses objectifs, malgré la résistance d'autres individus ou groupes sociaux.
B. l'autorité qui est la probabilité qu'un ordre donné soit accompli. L'obéissance est fondée sur la RECONNAISSANCE de la LEGITIMITE des ordres qui sont donnés. L'obéissance repose en partie sur l'adhésion et les ordres doivent être JUSTIFIES. WEBER en dresse une typologie des formes de domination.

-La domination traditionnelle
Puise sa légitimité dans la croyance au caractère sacré des TRADITIONS anciennes, se traduit par l'adhésion au CHEF(s) puisqu'il a été NOMME par la TRADITION pour exercer l'autorité. Se transmet de génération EN GENERATION au sein d'une famille. Le chef traditionnel dispose d'une Cour de serviteurs aristocrates qui sont directement attachés à sa personne. La fonction de SERVITEUR se transmet elle aussi de façon népotique. e.g. monarchie dans l'Ancien Régime.

-La domination charismatique
Il s'agit d'une forme de domination qui puise sa légitimité dans la croyance aux QUALITES EXCEPTIONNELLE d'une personnalité. Dévouement des individus à la personne de leur chef. Quand celle-ci disparaît, le régime politique peut traverser des CRISES relativement importantes, elle est PROVISOIRE (Hitler, Lénine ; Gandhi ou Mandela....)

-La domination légale ou statutaire
Il s'agit d'une forme de domination qui puise sa légitimité dans la croyance en la légalité des ORDONNACES et des TITRES de ceux qui exercent la domination. RATIONALISATION y trouve sa forme la plus aboutie.
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Le type de domination le plus présent dans la société moderne
Le type de domination qui caractérise le mieux la société moderne est la domination LEGALE ou statutaire. Ce sont la Constitution, les lois, les règlements, les procédures, les directives, etc. qui donnent leur LEGITIMITE aux ordres, édictés par des mandataires politiques après débat démocratique.
Ces mandataires politiques sont élus, ont une fonction, et un statut respectant de procédures légales. Des institutions de justice vérifient et garantissent la légalité des décisions et actes politiques (toujours en fonction de procédures établies).

L'autorité ne se transmet pas « NATURELLEMENT » à la descendance et ne repose pas sur les QUALITES EXCEPTIONELLE d'une personne, mais sur une FONCTION qui est définie de façon légale.
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La Bureaucratie de Weber
La bureaucratie constitue le mode d'organisation qui traduit sans doute le mieux ce type de LEGITIMITE LEGALE ou statutaire. Les dirigeants sont entourés d'un corps de FONCTIONNAIRES ou d'administrateurs, attachés à une FONCTION définie (si les cabinets peuvent changer à chaque législature, l'administration jouit d'une certaine stabilité). La fonction ne se transmet pas « naturellement » à la descendance. Le fonctionnaire doit faire valoir un TITRE légal (un diplôme) et il doit avoir réussi un CONCOURS. La promotion est fondée sur des procédures qui tiennent compte soit de l'ancienneté, soit des résultats à des concours promotionnels.
La bureaucratie vise à RATIONALISER les formes de coordinations, de communications entre employés, les modes d'enregistrement de données, d'archivage, etc. : Ce type d'organisation réglementée va permettre de GERER des collectivités de plus en plus GRANDES. Les sociétés modernes n'auraient pas pu se développer comme elles l'ont fait sans elle. Cependant, plus les organisations grandissent et plus les documents et les règles risquent de se MULTIPLIER au point d'ALOURDIR le système, de le rendre MOINS EFFICACE et surtout, d'empêcher toute forme d'initiative ou d'invention individuelle. On touche là les craintes que WEBER exprime sous le terme de la CAGE D'ACIER à l'égard du processus de rationalisation
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6.8. La cage d'acier
La cage d'acier exprime:
-les craintes d'une rationalisation qui se DECONNECTERAIT de ses valeurs, l'action rationnelle en FINALITE supplanterait celle en VALEUR.
-les craintes sur les conséquences pratiques d'une rationalité en PERTE DE SENS sur la LIBERTE même des individus.
WEBER exprime des craintes quant au risque que la rationalité s'emballe et à fonctionne SUR elle-même et POUR elle-même, se déconnectant ainsi des valeurs. Le capitalisme aujourd'hui, n'a plus besoin de cette impulsion religieuse de l'origine. L'ACCUMULATION de RICHESSES n'est plus maîtrisée par les vertus ascétiques. Elle est devenue UNE FIN EN SOI et pour soi. La critique la justice disant qu'elle est devenue trop TECHNIQUE, procédurière, évoque doute des effets d'un effort de rationalisation poussé à son extréme.
La cage d'acier pose la question de la place du sens et de l'être humain dans une société en systèmes quasi autonomes.

La rationalité a permis le développement de la modernité car permet de maîtriser le monde de la nature. Mais a aussi permis de mieux MAITRISER L'HOMME à travers de nouvelles formes d'organisation. L'organisation rationnelle, technique, des hommes est poussée à son comble, que reste-t-il de la liberté individuelle ? Telle est la question que pose WEBER. En réponse à MARX, WEBER, rétorquait que ce qui faisait le PROPRE DU CAPITALISME n'était pas la propriété des moyens de production, mais bien la RATIONALISATION de l'organisation. Rien ne permettait d'affirmer que les prolétaires serait PLUS LIBRE, répondait WEBER. Cette révolution NE SUPPRIMERAIT en rien l'organisation BUREAUCRATIQUE. Le programme communiste de planification de l'économie passe nécessairement par une bureaucratie d'Etat importante. Au vu de la dictature que la nomenklatura soviétique a fait peser sur les individus, l'histoire lui a donné raison.
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PARTIE 3. QUELQUES QUESTIONS SOCIOLOGIQUES
1. COMMENT ÇA TIENT ? RAPPORTS SOCIAUX, GROUPES SOCIAUX ET ORGANISATIONS
Notre société est INDIVIDUALISTE ?
Certains déplorent le repli sur soi, l'égoïsme grandissant. La liberté individuelle, l'AUTONOMIE, la réalisation de soi, le développement personnel constituent des valeurs essentielles aujourd'hui. Pour autant, le collectif est toujours présent et s'incarne dans nos SENTIMENTS D'APPARTENANCE, nos groupes/organisations, des institutions, notre attention pour les enjeux publics ou d'intérêt général relayés par les médias.
Comprendre pourquoi et comment le social tient malgré l'individualisation actuelle est la QUESTION FONDAMENTALE qui se pose au sociologue.
On peut postuler que l'être humain est un ANIMAL SOCIAL et que c'est par nature que l'homme est poussé à se tourner vers ses congénères.
Mais au mythe du bon sauvage, naturellement social heureux et bon (Rousseau) s'oppose celui de la sauvagerie du LOUP pour l'homme (Hobbes) où l'humain est CRUEL envers ses semblables.
L'homme machinalement se tourne vers autrui, en dehors de toute volonté ? Ou faut-il pacifier « artificiellement » les relations entre humains en créant un CORPS TECHNIQUE (Le Léviathan : l'Etat, les institutions) contrôlé par un pouvoir délégué par la multitude en vertu d'un contrat social ?
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Qu'est-ce qui relie les individus selon Weber, Durkheim et Marx
Qu'est-ce qui relie les individus ? RELATIONS SOCIALES fondées sur des SENTIMENTS (proximité, sympathie, empathie, etc.) ou des rapports sociaux plus FORMELS (contrat, citoyenneté, etc.) qui les RATTACHENT à des organisations, des institutions, des systèmes (Etat, entreprise, associations, etc.) ?
En l'occurrence, si l'on imagine mal aujourd'hui une société sans organisation, sans institution, une société qui ne tiendrait que par ses systèmes serait, non seulement bien fragile, mais tout aussi illusoire.
On peut considérer, à l'instar de WEBER, que l'homme est un être de culture, donc SOUCIEUX DE COMMUNIQUER avec autrui via le langage mais aussi à travers ses actions.
On peut concevoir, à la manière de DURKHEIM, qu'en s'associant, les êtres humains produisent une ENTITE TRANSCENDANTE, qui a sa vie propre et qui s'IMPOSE aux individus, assurant ainsi leur cohésion.
Comme DURKHEIM et Spencer, que dans une société HETEROGENE+ DIFFERENCIATION + SPECIALISATION des tâches, l'échange (le commerce et/ou la collaboration) est une NECESSITE vitale pour chacun, puisque les individus sont davantage interdépendants. A la lecture de MARX, l'hétérogénéité sociale se fait plus BINAIRE, opposant deux mondes sociaux aux intérêts antagonistes reliés entre eux dans un rapport conflictuel.
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1.1. Les liaisons complémentaires (Dupréel)
Eugène DUPRÉEL (1879-1967), philosophiquement soutient que l'ordre des choses n'est PAS TOTALEMENT DETERMINE, le réel n'est jamais le résultat du hasard ou du déterminisme, mais le produit d'une COMBINAISON entre un ORDRE (structure) et une FORCE (acte) extérieure à cet ordre.
Entre l'ordre social et les volontés individuelles se glisse la CONVENTION, point de rencontre/friction entre l'acte et la structure, qui va donner une forme particulière (probable parmi d'autres probabilités) aux réalités sociales.
La convention est le produit de la PLURALITE SOCIALE et ce qui rend cette dernière VIVABLE. Le compromis entre des parties qui ont des raisons diverses d'agir mais qui consentent à renoncer à une part de leur volonté donnant au social une forme spécifique. De la convention naît la morale, les valeurs collectives, les règles de droit (normes), les organisations et les institutions.
DUPRÉEL s' éloigne dépasse le contrat social sur deux points fondamentaux :
1. la convention donne naissance à un ordre social, mais ce dernier n'est PAS ABSOLU. Sa forme n'est pas déterminée, elle est une probabilité parmi d'autres. C'est la CONSCIENCE d'autres ordres POSSIBLES qui donne toute sa valeur à l'ordre social présent et à la COHERENCE qu'il tente d'incarner, mais cela implique aussi que la convention reste toujours RELATIVE.
2. la convention n'est pas une FICTION. Le contrat social, n'est pas un mythe originel, fondateur. La convention « s'insère sur une réalité qui lui est PREALABLE et qu'elle n'a pas créée », à savoir les RAPPORTS SOCIAUX COMPLEMENTAIRES.
Ils évoquent les liaisons qui s'établissent entre individus, les groupes sociaux, ou entre les 2. Pouvant être de natures diverses : permanentes ou sporadiques ; codifiées ou informelles ; etc
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Rapports sociaux complémentaires (suite)
DUPRÉEL écrit : « on reconnaît qu'un rapport social existe entre deux individus lorsque l'existence ou la manière d'être de l'un INFLUE sur l'EXISTENCE OU LA MANIERE D'ETRE de l'autre. Dans le cas normal, l'influence est RECIPROQUE » Elle peut prendre trois formes (ou les combiner) : 1) la CONTRAINTE, 2) la PERSUASION ou 3) l'ECHANGE d'avantages. il est vecteur de SENS (communication) et d'une FORCE SOCIALE, dont DUPRÉEL précise qu'elle est INEGALEMENT REPARTIE.
Les rapports sociaux ressemblent aux SYNAPSES qui connectent deux neurones.
Pour prendre une autre image, les rapports sociaux, en tant que liaisons, constituent autant de fils (terme commun) qui relient les individus et qui vont s'entrecroiser pour FORMER LE TISSU SOCIAL.
« Lorsque deux rapports sociaux sont noués par un terme commun, on dira qu'ils sont complémentaires si l'un conditionne soit l'existence, soit la nature de l'autre
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Le prolongement des rapports sociaux complémentaires
Mais la complémentarité de deux rapports sociaux peut A SON TOUR conditionner soit l'existence, soit la nature d'un troisième rapport, deux rapports sociaux A-B et A-C, complémentaires puisqu'ils présentent un TERME COMMUN peuvent entrainer une relation B-C
Ce tissage des rapports sociaux complémentaires « se prolonge en des chaînes de LONGUEUR INDEFINIE et leurs implications terme à terme se multiplient en réseaux inextricables » Ainsi se tricote l'ouvrage social.

Au-delà de la situation élémentaire où le terme commun s'incarne dans un individu, les rapports sociaux complémentaires peuvent se nouer autour de termes communs de DIVERSES NATURES : les membres d'une fratrie sont reliés par leur filiation commune ; les membres d'un club de sport.
Si l'on prolonge la réflexion de DUPRÉEL vers MARX, les rapports SOCIAUX DE PRODUCTION peuvent aussi être considérés comme complémentaires. Les moyens de productions constituent en effet un terme commun. Et les rapports de propriété ou de non-propriété qu'entretiennent les bourgeois d'une part et les prolétaires de l'autre, à l'égard de ces moyens de production, conditionnent non seulement l'existence du rapport entre ces deux classes mais aussi sa nature (rapport d'exploitation et/ou rapport conflictuel).
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1.2. Les groupes sociaux (≠ groupes nominaux)
En s'agrégeant autour de termes communs, les rapports complémentaires font naître des groupes sociaux,« collections d'individus unis entre eux et distingués des autres individus par des rapports sociaux positifs et complémentaires »
Il faut ne pas confondre les groupes sociaux et les groupes statistiques ou nominaux. Ces derniers sont le résultat virtuel d'une méthode de connaissance qui agrège dans des ensembles les individus qui présentent certaines caractéristiques communes
Ils sont construits en catégories sociales, mais qui ne sont pas nécessairement des groupes sociaux au sens sociologique.
Des CARACTERISTIQUES COMMUNES doivent exister pour fonder un groupe, mais cela ne suffit pas. Il faut encore qu'elles DEVIENNENT un terme commun autour duquel se nouent réellement des rapports sociaux complémentaires entre les individus.Le groupe des moustachus peut n'être qu'un ensemble construit. Par contre, le Paris Moustache Club constitue bien un groupe social puisqu'avec humour, ses membres défendent le port altier de la moustache
Tout comme les individus, les groupes peuvent s'ASSOCIER dans des rapports de complémentarité autour de termes communs : le Paris Moustache Club s'associe aux Mo Bros qui lancent la campagne MOVEMBER : ils se laissent pousser la moustache pour sensibiliser l'opinion publique aux maladies masculines et en particulier au cancer de la prostate. Ils peuvent s'associer à d'autres gourpes. La TOILE SOCIALE prend alors la forme d'un patchwork où des pièces de tissus de formes et de couleurs différentes (les groupes) sont cousues ensemble pour former un assemblage. Cet assemblage, forme ce que DUPRÉEL nomme la SYMBIOSE SOCIALE.
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1.3. Les organisations
Des rapports sociaux complémentaires entre individus naissent des groupes sociaux ; et des rapports complémentaires entre groupes sociaux naissent les symbioses sociales. Pour DUPRÉEL, en remontant à l'origine de l'humanité, on trouverait des êtres (chaînons manquants entre l'animal et l'humain) qui auraient été SOCIAUX AVANT même de devenir HUMAINS. Cet instinct grégaire, social, s'est transmis à travers les siècles, jusqu'à nous, par hérédité. C'est donc, assez naturellement, que nous sommes poussés à nous associer à d'autres. DUPRÉEL rejoint la thèse de Guillaume DE GREEF (1842-1924) concernant la tension entre instincts de défense et de sympathie.
Toutefois, DUPRÉEL ne REDUIT PAS les rapports sociaux à leur nature biologique. Il précise en effet que l'humain n'est pas un animal comme les autres (conscience, language,...) la culture qui, à travers l'évolution, REDUIT largement les instinct sans toutefois les faire disparaître.

Cette pensée réflexive nous amène notamment :
1. prendre conscience de notre INCOMPLETUDES (nos limites). Cette conscience mutuelle de nos incomplétudes nous pousse à chercher dans les AUTRES des COMPLEMENTS qui nous permettent sans doute de nous sentir plus entiers.
2. prendre conscience de notre IMPERMANCE. Cette conscience de la mort questionne la DURABILITE et notamment la transmission d'un HERITAGE, celui que l'on a reçu et celui que l'on cèdera. Comment produire quelque chose qui nous survivra ?
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L'instituion des rapports sociaux
Les rapports sociaux, tout comme les groupes sociaux, sont eux-mêmes EPHEMERES. Pour les rendre plus solides et durables, ils seront davantage FORMALISES et organisés. C'est là que la CONVENTION joue un rôle essentiel. Les membres du groupe vont en effet convenir de fonder (d'instituer) une organisation via un objet social (le terme commun). Ils devront s'entendre sur la forme juridique, définir la place, les fonctions et les responsabilités de chacun dans l'organisation ; s'entendre sur les modalités de prise de décision ; sur les ressources de l'organisation ; sur leur affectation, sur la répartition des bénéfices éventuels, etc.

L'organisation devient une REALITE PROPRE, dont l'existence repose sur le dispositif concret qui a été institué. L'organisation survivra àses membres. Plus on s'éloigne des rapports complémentaires entre individus, plus on s'intéresse aux rapports complémentaires qui s'établissent entre groupes ou entre organisations, moins le lien aux termes communs paraît naturel (instinctif) et plus la convention devient importante.

Toute symbiose sociale est fondamentalement HETEROGENE et présente « un minimum de désordre et d'antagonisme ». A l'échelle des Etats, l'organisation des complémentarités devient essentiellement conventionnelle et s'appuie sur de vastes institutions à caractère publique. Le terme commun qui relie les CITOYENS devient l'appartenance à un même ETAT, qui peut se décliner avec plus ou moins de force, dans le sentiment de partager une même culture nationale, de s'inscrire dans l'histoire d'un même peuple. Le lien devient plus ABSTRAIT, impersonnel. Si les organisations sont plus durables elles ne sont PAS pour autant intangibles et IMMORTELLES. En effet, l'ordre social issu de la convention reste un ordre probable PARMI D'AUTRES et est donc susceptible d'être remis en question.
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1.4.1. F. TÖNNIES : communautaire / sociétaire
La lecture de DUPRÉEL offre l'avantage de penser ensemble
1.4.1. Ferdinand TÖNNIES (sociologue allemand, 1855-1936) propose une lecture de la modernité (qui constituera d'ailleurs une source d'influence importante dans l'œuvre de DURKHEIM).
En 1887, dans Communauté et Société, il distingue:

-rapports COMMUNAUTAIRES : Les rapports communautaires s'ancrent dans la NATURE, le lien du SANG, l'appartenance à un territoire. Se limite au village et au quartier autour de corporations . L'économie communautaire est principalement domestique, et se fonde sur le TROC. Les intérêts du GROUPE dominent. La PRESSION SOCIALE est entièrement intériorisée et acceptée. On pense et on agit comme la communauté (en "NOUS"). Les croyances dominent les systèmes de pensée et la RELIGION joue un rôle essentiel dans le contrôle social.

-rapports SOCIETAIRES : Les rapports sociétaires concernent des ensembles plus VASTES d'individus gouvernés et reliés par la volonté réfléchie, le CALCUL et la spéculation. La séparation des biens (propriété individuelle) et l'intensité des échanges exigent le recours à une MESURE COMMUNE : l'argent, le contrat et les conventions. Les intérêts individuels dominent. La PRESSION SOCIALE est davantage ressentie comme extérieure et CONTRAINTE (on pense en "JE"). Les DOCTRINES dominent les systèmes de pensée et l'OPINION PUBLIC joue un rôle essentiel dans le contrôle social.

Les rapports communautaires se fondent principalement sur la CONFIANCE, l'intimité, l'interconnaissance, la chaleur d'être ensemble. Tandis que les rapports sociétaires se caractérisent par des relations plus IMPERSONELLES, plus formelles et plus froides. D'après TÖNNIES, la modernité se caractérise par une évolution historique où les rapports communautaires tendraient à s'effacer au profit des rapports sociétaires.
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1.4.2. C. H. COOLEY : primaire / secondaire
Social Organization, de Charles Horton COOLEY différencie :

-Les groupes PRIMAIRES qui « sont généralement de PETITE taille, sont définis comme des groupes de face à-face où dominent les rapports INTERPERSONEL, la famille, le groupe de camarades et le groupe de voisinage ». Les rapports primaires qui s'y développent sont DIRECTS, concrets, intimes et répétés. Ils engagent les personnalités individuelles totalement et sont chargés d'affectivité.

-Les groupes secondaires qui sont « généralement de taille plus GRANDE caractérisés par des relations plus SUPERFICIELLES, reposant principalement sur des bases UTILITAIRES : les partis politiques, les syndicats et les associations »Les rapports secondaires qui s'y développent sont plus FORMELS, superficiels présentant un caractère fonctionnel. Ils engagent peu les personnalités individuelles et sont peu chargés d'affectivité.

Ces deux types de rapports sociaux semblent COEXISTER (et pas passage historique de l'un à l'autre). Leur distinction devient alors plus HEURISTIQUE. Les rapports entre collègues de travail sont a priori sociétaires ; mais peuvent aussi se nouer des rapports plus personnels. Les nouvelles formes de management, à travers le Team building notamment, ne s'y sont pas trompées et y voient aussi une ressource importante pour l'organisation elle-même.
Certains, par exemple, se définiront comme Belge en évoquant des éléments de l'ordre de la NATURE (le droit du sang ou le droit du sol). Le groupe est alors vécu SUBJECTIVEMENT, dans un rapport plus COMMUNAUTAIRE.
Pour d'autres, être Belge relèvera d'un constat plus objectif de faire partie d'un groupe défini par une organisation étatique et juridique.
Ces deux formes d'appartenance ne sont PAS mutuellement EXCLUSIVES ; mais elles peuvent (selon les individus et les situations) être plus ou moins marquées.
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1.4.3. Groupe d'appartenance / de référence
On peut distinguer :
-Le groupe d'appartenance qui est fonction d'une AFFILIATION EXTERIEURE à l'individu (origines sociales, les origines nationales, etc) Elle s'impose dès leur naissance.
-Le groupe de référence qui est fonction d'une affiliation CHOSIIE subjectivement (en s'identifiant à un groupe pour ses valeurs, ses idées, ses modes de vie. On peut être amené à chercher la RECONNAISSANCE d'un groupe de référence, soit parce qu'on est rejeté par notre groupe d'origine, soit parce qu'on est positivement attiré par un autre groupe.

Dans un social hiérarchisé, on aura tendance à VOULOIR SE REFERER au groupe immédiatement SUPERIEUR au sien. Mais le souci de promotion sociale n'est pas seul en jeu (Les intellectuels engagés du 19ème siècle: des bourgeois qui voulaient s'identifier au prolétariat, leur groupe de référence)

La DIFFERENCIATION sociale implique un accroissement des LIBERTES INDIVIDUELLES et donc des capacités de choix. Les groupes d'appartenances sont sans doute moins importants que les groupes de référence. Pourtant on observe encore aujourd'hui une tendance à se tourner vers des personnes qui sont PROCHES de notre condition sociale (HOMOGAMIE SOCIALE). La mixité est sans doute plus grande aujourd'hui que dans les sociétés traditionnelles (communautés) mais elle n'est néanmoins pas totale.
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1.4.4. Le renouveau des communautés...
Le développement des INSTITUTIONS modernes a nécessité le développement conjoint de rapports de type SOCIETAIRES (ou secondaire) comme jamais auparavant, les groupes de taille intermédiaire entre les grandes institutions et les individus se sont quelque peu affaiblis (point A).
En réaction, on assiste depuis quelques décennies à une VOLONTE de REVIFIER de multiples vies plus communautaires (point B). Ce revival communautaire pourrait se développer dans deux perspectives :
-L'une plus pessimiste implique un REPLI IDENTITAIRE sur des communautés de plus en plus cloisonnées (point C)
-L'autre plus optimiste annonce des changements profonds vers un modèle SOCIAL et économique fondé davantage sur la COOPERATION (point D)
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A. Déliances et reliances (Marcel BOLLE DE BAL)
Il considère que notre société de raison est fondée sur le principe de DIVISION : (Horace, Machiavel (pour régner), Descartes (pour comprendre), Taylor (pour produire)) toujours mise en avant, par le biais parfois déformant de mythes. D'après BOLLE DE BAL, c'est par de multiples divisions que l'on a réussi à produire des ORGANISATIONS de plus en plus VASTES, affaiblissant ainsi les groupes d'appartenance « primaires » ou « communautaires ».
Il décrit alors les multiples déliances qui affectent les individus, i.e. une DEGRADATION ou une rupture des LIENS SOCIAUX FONDAMENTAUX. Ces déliances sont polymorphes :
-les individus sont PLUS RELIES aux autres, si ce n'est par des machines : la chaîne pour les producteurs, la télévision pour les consommateurs. (déliance SOCIALE).
-Ils n'ont plus le temps de s'INTERROGER SUR LEURS ETRES profond, sur le sens de leur vie (déliance PSYCHOLOGIQUE).
-Ils ne sont plus reliés ni à la TERRE (villes bétonnantes), ni au CIEL (Dieu). (déliance COSMIQUE)
-Ils sont MENACES de n'être plus reliés ni au système de production (chômage), ni à leurs œuvres (travail abstrait et déshumanisé), ni au devenir de l'espèce (déliance ontologique)
Déliés, déconnectés, disjoints, nous sommes frappés par ces CARENCES de reliance et tous, nous mobilisons des ressources pour y faire face et pour les pallier.
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B. Du Temps des tribus... (Michel MAFFESOLI)
Certains évoquent, avec nostalgie, le bon vieux temps où il faisait bon vivre entre soi, unis dans des petites communautés soudées. C'est oublier le poids quasi-TYRANNIQUE du CONTROLE SOCIAL qui tolère peu la DIFFERENCE. EN outre, en prendre distance permit de libérer l'individu et promouvoir son autonomie.

Michel MAFFESOLI en 1988, Le temps des tribus (comment recréé les liens primaires sans se désaffranchir) : Selon lui, confrontés à l'individualisme et à la froideur des rapports sociétaires, les contemporains chercheraient à s'inscrire dans de nouveaux rapports communautaires plus chauds. Aujourd'hui, d'après l'auteur, les individus s'inscrivent VOLONTAIREMMENT dans des groupes multiples où ils peuvent vivre des expériences communautaires fortes ; mais l'individu demeure LIBRE de rester dans ces groupes ou d'en sortir. Ces nouvelles tribus peuvent se nouer autour de nouveaux TOTEMS, des PRATIQUES (groupes sportifs, artistiques, etc.), des GOUROUS (sectes, groupes de fans, etc.). On les observe aussi dans un retour de la FAMILLE comme VALEUR ; ou encore dans un revival des HABITATS COLLECTIFS, des coopératives de production ou d'achat, etc. L'émergence de nouvelles communautés VIRTUELLES à travers le web (où certains n'hésitent pas à livrer leur intimité) s'inscrit aussi dans ce courant.
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C. ... aux gated communities
On observe une multiplication de « VILLAGES » nouveaux où se rassemblent des habitants qui partagent un POINT COMMUN (aviation, golf, homosexuels, retraités, Amish) Ainsi naissent des gated communities, quartiers résidentiels clôturés et gardés, dont l'accès n'est autorisé qu'aux résidents et aux invités en possession d'un laissez-passer. Aux USA, il tente aussi progressivement les classes moyennes. Toutefois, le critère SOCIO-ECONOMIQUES reste prééminent. Dans les pays du Sud les inégalités sont de plus en plus visibles lorsque les quartiers riches se cloisonnent face aux bidonvilles. En Belgique, ici et là, apparaissent des résidences, des lotissements et des quartiers clos, de haut standing (Val de la Cambre,..). Ce faisant, ces communautés nouvelles deviennent profondément EXCLUANTES. Les termes communs deviennent excluants. Ici, l'instinct de sympathie, qui pousse à rejoindre les plus proches et à vivre entre soi, s'associe à l'instinct de DEFENSE contre une altérité vécue comme une menace.
D'un point de vue global, c'est la SYMBIOSE SOCIALE qui s'AFFAIBLIT
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D. La fondation de nouveaux communaux collaboratif (Jeremy RIFKIN)
Jeremy RIFKIN (2014), entrevoit de profonds CHANGEMENTS de nos modes de vie, l'émergence d'un modèle économique fondé sur le partage et la coopération qui RIVALISERAIT avec le modèle capitaliste.

Rifkin observe tout d'abord les INNOVATIONS importantes telles que : L'« INTERNET DES OBJETS » (interconnexion omniprésente des objets, capables de partager des données en temps réel)
Cela permettra une OPTIMISATION de la production, une gestion efficace des ressources et une personnalisation de l'accès aux biens et services.

L'« INTERNET DES ENERGIES » :Le développement des énergies RENOUVLABLES durables (solaire, éolien et autres) : production décentralisée d'énergie, un usage PARTAGE et optimisé.

L'« internet de la CONNAISSANCE et de la CULTURE » : Le déploiement de plateformes de collaboration en ligne, des logiciels libres, des algorithmes en open source, des modèles peer-to-peer (P2P) et des communautés ouvertes annonce aussi la croissance de modèles de production collaborative.
Thierry Ehrmann, Collection : La Demeure du Chaos (Saint-Romain-au-Mont d'Or En matière culturelle, par exemple, on constate déjà ce type d'avancée dans l'ACCES A LA MUSIQUE, aux FILMS, aux livres sur les plateformes de streaming. On accède effectivement aujourd'hui, pour un COUT somme toute REDUIT, à une médiathèque et une bibliothèque - aux contenus quasi infinis - auxquelles on n'osait même pas rêver il y a quelques dizaines d'années seulement. En d'autres domaines, tels que le TOURISME, la mobilité, les conseils culinaires, esthétiques ou en matière de DIY (do it yourself), etc., on observe le même mouvement : Blablacar, Couchsurfing,...
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Les avantages des communaux collaboratifs, et leurs triples rationalités
Permet d'envisager la production d'objets/services à un coût marginal qui tend vers la GRATUITE. Cette économie du partage, de la collaboration, pourrait à terme signifier l'éclipse du capitalisme. Il est conscient que des sociétés cotées en bourse, profitent aussi de ces transformations pour accroître leurs profits. RB&B, UBER, Vinted, etc. Cette tendance est tellement PUISSANTE qu'elle ne risque PAS d'être RECUPEREE et/ou pervertie par les ENTREPRISE capitalistes : la population finira par déserter les acteurs payants. Cette économie du partage révolutionne aussi : La DISTINCTION entre producteurs ET consommateurs. Chacun devient à la fois consommateur et producteur de biens et services. Nous devenons des « PROSOMMATEURS ». Les nouvelles générations sont plus réceptives à la valeur d'usage qu'à la valeur d'échange (voitures partagées, plateformes d'emprunt et de dépôts de livres, jeux, vêtements, etc.)
Une triple rationalité pousse cette tendance :
-Une rationalité ECONOMIQUE : accéder par l'interconnectivité et le partage à des biens et services aux coûts les plus bas.
-Une rationalité ECOLOGIQUE : optimiser nos productions et consommations pour réduire les impacts sur la planète ; lutter contre les gaspillages.
-Une rationalité SOCIALE : REFONDER des COLLECTIFS, des communautés de partage et de collaboration fondées sur des solidarités et des liens plus intenses, plus « chauds »
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Cette nouvelle société dépasse le monde virtuel...
Loin de se cantonner aux mondes virtuels des Internet, ces nouveaux modèles économiques et ces communaux collaboratifs se multiplient concrètement dans le monde REEL. On songe ici à l'amplification d'initiatives telles que : les habitats groupés, les COLLECTIFS D'ACHAT... On pourrait très bien imaginer l'instauration de « CONCIERGERIES LOCALES » à l'échelle des quartiers, afin de soutenir ce retour des « communs ». Elles rassembleraient une série d'objets et d'outils partagés qui seraient mis à la disposition des habitants. L'ACCES devient PLUS IMPORTANT que la propriété. Pour un particulier, l'accès à une foreuse de qualité est plus fondamental que de détenir cet outil à la cave... (Économique : pas d'achat de foreuse. Écologique : pas besoin de produire autant de foreuses. La diminution de cette demande pourrait faire baisser le prix des foreuses Sociale : cette conciergerie permettrait d'accroître les échanges entre les habitants d'un quartier) Les IMPRIMANTES 3D pourraient permettre de produire localement une multitude d'objets utiles pour la communauté...
Cette nouvelle société soulève néanmoins un certain nombre de questions concernant :
-les transformations du RAPPORT AU TRAVAIL, un affranchissement possible de la logique d'emploi salarié.
-le traitement des INEGALITES économiques et d'accès aux nouvelles technologies.
-la protection de la VIE PRIVEE et des données personnelles, ainsi que celle des droits d'auteurs.
-la TRANSITION ENERGETIQUE et ses enjeux en termes d'investissements massifs et de coordination mondiale pour booster l'interconnectivité des flux. L'adaptation des institutions politiques et économiques actuelles. Etc.
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2.1. Les classements sociaux
Au quotidien, nous rangeons les personnes que nous croisons dans des ensembles, en fonction de divers CRITERES (l'âge: jeunes/aînés, sexe, profession, l'origine, religion, attitudes, etc) ils véhiculent aussi pas mal de STEREOTYPES. Mais ils correspondent au besoin que nous avons d'ordonnancer la réalité qui nous entoure pour mieux l'appréhender. Si ces opérations de classement sont principalement MENTALES, elles participent aussi CONCRETEMENT à la production du réel.
William I. THOMAS (sociologue américain, 1863 - 1947) affirmait : If men define situations as real, they are real in their consequences (THOMAS, 1928, p. 572). Les classements subjectifs s'OBJECTIVENT dans l'existence concrète de catégories sociales multiples. Les catégories sociales deviennent réelles et cette réalité RENFORCE encore nos opérations de classement : attente de comportements, rôles sociaux, hiérarchisation sociale. Les classements sociaux nous permettent aussi de NOUS SITUER personnellement dans le CHAMP SOCIAL, estimant notre place dans la hiérarchie sociale , nourrissant nos sentiments d'appartenance, définissant nos IDENTITES sociales, DISTINCTIONS sociale.

Les gated communities en fournissent une illustration radicale, parce que la différence s'incarne dans la clôture physique d'un espace ; A l'inverse nous connaissons tous ce sentiment de malaise lorsqu'on se dans un milieu social qui nous est trop étranger... Le choc culturel n'est pas qu'ethnique et peut être tout aussi déstabilisant pour un citadin invétéré qui passe une soirée avec un groupe d'agriculteurs, pour un aristocrate
dans une cité ouvrière. En l'occurrence, dans le jeu du « dîner de con », il n'est aucun monopole et nous pouvons tous devenir le con d'un autre...
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2.2. De la différence à l'exclusion sociale
Cette confrontation à l'altérité n'est pas nécessairement problématique. L'exotisme de la différence, le dépaysement, peut aussi être très enrichissante, pleine d'enseignements pour soi.
Jan VRANKEN propose un cadre conceptuel intéressant. Les différences peuvent devenir plus problématiques lorsqu'elles se greffent à deux processus : Dans un premier axe, il s'agit de prendre en compte l'existence (ou non) de LIGNES DE RUPTURES dans les relations sociales (cloisonnement, distanciation, mise à l'écart...). Dans un second axe, il s'agit de prendre en compte l'existence (ou non) d'une HIERARCHISATION DES RAPPORTS sociaux (domination, subordination,....).

-La FRAGMENTATION SOCIALE qualifie des différences marquées par une RUPTURE des relations sociales SANS pour autant que les rapports soient HIERARCHISEES. C'est le cas, par exemple, des « villages ethniques » (Chinatown : n'entrera pas en contact avec d'autres populations, sans pour autant qu'un rapport hiérarchique s'établisse entre elles.)

-L'INEGALITE qualifie des différences marquées par une HIERARCHISATION des rapports sociaux SANS pour autant introduire de RUPTURE dans les relations sociales. C'est le cas en particulier dans le milieu PROFESSIONEL où les hiérarchies établies n'empêchent pas de travailler ensemble (employés, cadres, patrons).
Rupture et hiérarchisation peuvent se CUMULER la rupture pourra donner lieu à la domination de Chinatown sur Little Itlay. l'existence d'un mess réservé aux cadres et interdit aux employés. L'EXCLUSION SOCIALE, quant à elle, qualifie une différence qui CUMULE profondément une rupture des relations sociales et une hiérarchisation des rapports sociaux.
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La désafiliation de Robert CASTEL
Robert CASTEL, pour sa part, préfère le terme de DESAFILIATION SOCIALE. Pour lui, ce qui « protège » les individus, c'est la solidité : d'une part, de leur RAPPORT AU TRAVAIL, d'autre part, de leurs RELATIONS SOCIALES, leur inscription dans un réseau social qui leur apporte une forme de reconnaissance et le soutien de la solidarité. Il en déduit trois « zones » de cohésion sociale :
-l'association travail stable - insertion relationnelle solide caractérise une zone d'INTEGRATION.
-A l'inverse, l'ABSENCE de participation à toute activité productive et l'isolement relationnel conjuguent leurs effets négatifs pour produire la DESAFILIATION.
-La VULNERABILITE est une zone INTERMEDIAIRE, instable, qui conjugue la précarité du travail et la FRAGILITE des supports de proximité

La désaffiliation signifie la dissociation des liens sociétaux où le dénuement et l'isolement ponctuent la précarité économique et la fragilité relationnelle. Cette désaffiliation s'accompagne d'une dégradation au bas de la hiérarchie sociale, elle ECARTE les « désaffiliés » du jeu des INTERDEPENDANCES qui relient les individus et constitue le ciment social. Ils sont alors perçus comme des « SURNUMERAIRES », des « inutiles au monde ». C'est leur respectabilité qui est mise en question.
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2.3. Les rôles sociaux
Le rôle social est un schéma de comportement qui est ATTENDU par la société d'un individu dans une situation sociale donnée. Schéma signifie que les comportements attendus ne sont PAS définis dans les DETAILS, ces schémas de comportement sont relativement STANDARDISES même si l'individu n'agit pas comme un robot. Ils correspondent à des modèles de conduite. La situation sociale donnée renvoie aux CONTEXTES : Nous serons amenés à jouer des rôles différents en fonction des contextes particuliers.

Rôles et statuts sont étroitement LIES. En fonction du statut, c'est-à-dire en fonction de la position reconnue à un individu ou à un groupe dans le système social, les rôles sont différenciés. Les schémas de comportement, reposent sur des sortes de CODES qui permettent aux individus :

-de DECRYPTER la masse d'informations qu'ils reçoivent (messages, signes) et qui permettent de comprendre les situations dans lesquelles ils se trouvent et les attentes légitimes et mutuelles des uns et des autres

-à partir de cette compréhension de la situation, de pouvoir PUISER dans une sorte de BIBLIOTHEQUE intérieure, les modèles de CONDUITES les plus ADAPTES à la situation. Ceci permet notamment de STABILISER les interactions et de réduire les incertitudes de la rencontre. En effet, les modèles de conduites apportent des schémas de réponses qui évitent d'être en permanence dans l'improvisation totale. On relève différents types de rôles sociaux.
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2.3.1. Les rôles institués
2.3.2. Les rôles qui naissent au sein des rapports sociaux
Les modèles de comportement sont définis et assignés par la société. Ils correspondent toujours à des statuts bien définis. On retrouve trois grands types de rôles institués :
-les rôles SEXUELS (masculins/féminin)
-les rôles attachés à L'AGE (enfance, adolescence, troisième âge, etc.)
-les rôles attachés à la DIVISION DU TRAVAIL

2.3.2. A travers les rapports sociaux, on observe certains MECANISMES de conduites qui deviennent en quelque sorte des HABITUDES à force d'être répétés. Ils se fixent, se cristallisent et deviennent des ROLES puisque à force d'être répétés, les comportements sont attendus. D'une part, ce répertoire de rôle est un produit de la CULTURE et le résultat de processus de SOCIALISATION ; d'autre part, il est aussi produit par l'auto-imitation. L'individu va avoir tendance à IMITER les rôles qu'il a déjà pu expérimenter dans des situations relativement identiques, débouchant sur des schémas de comportements qui seront escomptés mutuellement, en fonction des situations.

Dans les rapports sociaux, les comportements font toujours apparaître une composante PSYCHOLOGIQUE liée à des traits de personnalité ou des expériences passées. Dans la mesure où ces traits de personnalité ne sont pas purement aléatoires, qu'ils présentent une certaine permanence, ils peuvent SE TRADUIRE EN ROLE SOCIAUX. On attendra du boute-en train qu'il joue son rôle de boute-en-train, etc. Ces attentes relatives à des rôles subjectifs, peuvent exercer des CONTRAINTES aussi importantes que celles produites par les rôles institués (plus extérieurs). On peut parfois se sentir « COINCE » dans un rôle subjectif par rapport auquel on se sent de plus en plus en décalage
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2.4. Les statuts sociaux
Le statut correspond à LA PLACE qu'un individu ou qu'une catégorie d'individus occupe dans un SYSTEME SOCIAL donné. Il relève donc de la STRUCTURE SOCIALE. On relève deux types de statut :

-les statuts d'ATTRIBUTION qui sont reçus à la naissance ou caractérisent les étapes de la vie. Ils se réfèrent à des caractéristiques dont l'individu n'est PAS MAITRE (l'ascendance, l'ethnie, l'appartenance d'origine, l'âge, le sexe)

-les statuts de REALISATION ou les statuts acquis qui peuvent évoluer en fonction des aspirations et des INTIATIVES des individus. Ils relèvent davantage des PERFORMANCES individuelles

Dans nos sociétés modernes, les statuts de réalisation deviennent plus importants. Les statuts correspondent à des CRITERES D'EVALUATION qui, en fonction des rapports de pouvoir et des valeurs d'une société, REPARTISSENT les individus ou les catégories d'individus dans une forme de HIERARCHIE SOCIALE. Dans chaque groupe social, les individus sont hiérarchisés en fonction de leur statut au sein de ce groupe. Par ailleurs, à l'échelle globale de la société, chaque GROUPE SOCIAL EST AUSSI HIERARCHISE par rapport à d'autres groupes sociaux. Le statut attribué au groupe influence aussi les statuts des individus qui appartiennent au groupe. Dans notre société différenciée, nous nous inscrivons dans des groupes MULTIPLES. Il peut arriver que dans certains groupes on occupe une position plus élevée et, dans d'autres, une position plus basse (par exemple, ouvrier d'un côté et responsable d'un club de foot de l'autre)
On parle alors d'INCONGRUITE de statut. Mais on observe plus généralement une tendance à la concentration du pouvoir et le cumul de positions basses ou hautes dans les différents groupes fréquentés.
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2.5. La stratification sociale
La stratification sociale qualifie la structure HIERARCHIQUE de la société. Tout comme en géologie, les roches se superposent en strates, des plus anciennes aux plus récentes, la structure sociale fait apparaître des couches sociales qui se superposent, des moins favorisées aux plus favorisées. DIFFERENTES FORMES de stratification sociale ont traversé l'histoire : l'esclavage, les castes, classes sociales
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2.5.1. La structure en quadrillé
2.5.1. Dans Similitude et dépassement, DUPRÉEL dit : « Une infinité d'observations particulières vérifieront une loi qui s'énonce ainsi : La vie au sein d'un même groupe social tend à rendre des membres plus semblables et, par suite plus égaux en force sociale (capacité d'agir les uns sur les autres) »
Mais n'oublions pas que :
1° Les rapports entre groupes multiples vont à fixer entre les individus des différences et de l'inégalité
2° Des effets combinés des deux lois énoncées il résulte des rapports de hiérarchie entre groupes et entre individus
Au niveau des complémentarités entre groupes sociaux, plus on monte en généralité vers la symbiose sociale, plus il faut tenir compte de l'hétérogénéité. Des asymétries vont alors apparaître au sein des rapports sociaux. Lorsque ces derniers s'instituent, ils font apparaître du TIERS : non seulement dans la Convention (le règlement, la loi) ; mais aussi des Individus : des notables, chefs, dirigeants, juges, qui assument des « rôles de direction, de contrôle, d'arbitrage, de garantie » et qui bénéficient dès lors de pouvoir. Un groupe particulier apparaît donc, réunissant une ÉLITE distincte et hiérarchiquement supérieure à la masse. DUPRÉEL y voit aussi L'ORIGINE de la formation des classes sociales.
Il en déduit une structure en quadrillé au croisement des DOMAINES FONCTIONNELS D'ACTIVITÉ et des STATUTS HIÉRARCHIQUES.
Les individus et groupes d'individus s'y répartissent en fonction : de leur domaine professionnel, leur spécialité professionnelle (division du travail) ; de leur position dans les rapports hiérarchiques au sein de leur groupe fonctionnel.
Cependant, les GROUPES fonctionnels peuvent aussi être socialement + ou - VALORISÉS. Les colonnes peuvent être décalées.
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2.5.2. Les gratifications sociales
Le positionnement dans la structure sociale (le statut) va s'objectiver dans une répartition inégale des gratifications sociales, i.e. des récompenses, avantages et/ou privilèges associés aux statuts.

Les gratifications sociales sont de différentes natures :
-les gratifications MATÉRIELLES :
▪ en ESPÈCES : les salaires, les jetons de présence (pour les parlementaires ou les administrateurs), les revenus immobiliers, les revenus mobiliers (actions, etc)
▪ en NATURE : privilèges matériels mesurables en valeur monétaire (voiture de fonction, appartement, etc)
-les gratifications en termes de POUVOIR : à chaque statut est associé un certain degré de capacité d'influence sur les autres ou d'autonomie pour soi
-les gratifications PSYCHOLOGIQUES :
▪ le PRESTIGE social : à chaque statut est associé un niveau de prestige. Il peut être renforcé par des SYMBOLES liés aux gratifications matérielles (voiture quartier,...) autant de signes qui peuvent symboliser le prestige
▪ les gratifications COGNITIVES, telles que notre degré d'information, d'éducation, etc
▪ la sécurité, les conditions de travail, l'indépendance, d'épanouissement, etc
Autant d'éléments qui peuvent aussi varier en fonction des statuts.

Les gratifications sociales expriment OBJECTIVEMENT notre position dans la hiérarchie sociale ; mais dans le même temps, notre position dans la hiérarchie sociale va déterminer le niveau de gratifications dont on pourra bénéficier. Ce qui est certain, c'est que notre position dans cette hiérarchie et la répartition inégale des gratifications ont un IMPACT réel sur nos CONDITIONS DE VIE. Ceci apparaît notamment dans les inégalités en matière de santé, d'espérance de vie et de vieillissement. Qui n'est pas la même en fonction des statuts et des niveaux d'instruction
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2.6. Pierre BOURDIEU : les capitaux
Pour BOURDIEU, l'espace social est constitué de régions, de « champs », où circulent des biens, des capitaux, dont L'APPROPRIATION est l'enjeu et dont la DISTRIBUTION INÉGALE va dessiner un espace de POSITIONS SOCIALES. Ces champs fonctionnent un peu à la manière de marchés ÉCONOMIQUES. Bourdieu précise que cette économie des échanges dans les différents champs est caractérisée par des rapports de force foncièrement inégalitaires. Bourdieu distingue quatre types de capitaux :
-Le capital ÉCONOMIQUE qui recouvre, les revenus, les richesses (im)mobilières
-Le capital CULTUREL qui recouvre, les capacités intellectuelles, le niveau d'instruction, les savoirs
-Le capital SOCIAL qui recouvre la capacité de mobiliser un RÉSEAU relationnel, des solidarités ou des RELATIONS INFLUENTES.
-Le capital SYMBOLIQUE recouvre plusieurs dimensions : la capacité de mobiliser les SIGNES qui montrent le NIVEAU DE CAPITAL que l'on possède dans les 3 autres niveaux. Il octroie une sorte de PLUS-VALUE IDENTITAIRE. Il permet de se positionner dans des rapports de pouvoir.

Un haut degré de capital symbolique confèrera à ceux qui en jouissent une POSITION DE POUVOIR et un crédit qui :
▪ les autorise à REPRODUIRE (ou modifier) la structure des capitaux
▪ les autorise à DÉFINIR la façon dont les capitaux SERONT DISTRIBUÉS aux différentes franges de la population
▪ LÉGITIMERA L'ARBITRAIRE de cette inégale distribution et de l'inégalité des positions sociales.
Le capital symbolique procure une plus-value de reconnaissance qui LÉGITIME L'AUTORITÉ DE LA VIOLENCE SYMBOLIQUE.
Tant la QUANTITÉ de capitaux que la STRUCTURE des capitaux dont on dispose définissent des positions sociales INÉGALES dans l'ensemble social.
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L'institutionnalisation du capital symbolique, qui légitimise et reproduit les inégalités
C'est L'INSTITUTIONNALISATION de cette violence symbolique qui assure la REPRODUCTION DES INÉGALITÉS.
D'après Bourdieu, les institutions permettent de reproduire les inégalités en donnant le POUVOIR À SES AGENTS de distribuer les capitaux aux individus, elle permet de faire l'économie d'une RESTAURATION CONTINUELLE DE L'AUTORITÉ, notamment en assurant une GARANTIE JURIDIQUE aux positions sociales. Ainsi, « le droit ne fait que consacrer symboliquement, par un enregistrement, qui éternise et universalise, l'état du rapport de force entre les groupes et les classes que produit et garantit pratiquement le fonctionnement de ces mécanismes »
Les APPAREILS D'ETAT détiennent ainsi le MONOPOLE d'une violence symbolique qui OFFICIALISE, LÉGITIME et RENFORCE les classements sociaux.
Cette reproduction est aussi soutenue par une CULTURE DOMINANTE qui permet d'occulter l'arbitraire de l'inégalité et de FAIRE ACCEPTER leur position aux individus en leur inculquant le « sens de leur position » à travers l'incorporation des DIFFÉRENCES SOCIALES : ce que Bourdieu nomme L'HABITUS.
Le champ culturel constitue ainsi lui-même un lieu de luttes dont l'enjeu est la DISTINCTION SOCIALE. Ces formes de distinction peuvent exister ENTRE GROUPES DE POSITION SIMILAIRE dans l'ensemble social (par exemple, des conflits culturels entre générations au sein d'une classe populaire). Mais Bourdieu insiste plus particulièrement sur les processus de constitution d'une CULTURE DOMINANTE dont les efforts de raffinement permettent de maintenir L'ÉCART avec les COUCHES SOCIALES de position INFÉRIEURE préoccupées par leurs nécessités matérielles plus importantes que cela
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2.7. Pauvreté et inégalités en Belgique (VOIR SLIDES AVEC LES CHIFFRES ACTUALISES)
Voir les données et graphiques actualisés dans les slides.
Qu'en est-il de la pauvreté en Belgique ? L'EU-SILC (Survey on Income and Living Conditions) est un programme européen qui récolte annuellement des données concernant le REVENU et les CONDITIONS DE VIE dans les différents États de l'Union.

Cet outil statistique propose un indicateur synthétique baptisé « RISQUE DE PAUVRETÉ ET D'EXCLUSION SOCIALE », il concerne les ménages ou personnes confrontées :
à une PRIVATION MATÉRIELLE SÉVÈRE, et/ou à une FAIBLE INTENSITÉ DE TRAVAIL et/ou au RISQUE DE PAUVRETÉ MONÉTAIRE

Par convention, le seuil de risque de pauvreté monétaire est fixé à 60 % du REVENU MÉDIAN national. Les personnes (ou ménages) qui vivent avec un revenu équivalent ou inférieur sont « risque de pauvreté monétaire » (pour ne pas dire « pauvre »). Le taux de risque de pauvreté monétaire FLUCTUE autour de 15%, depuis de nombreuses années

L'indicateur SYNTHÉTIQUE de risque de pauvreté et d'exclusion sociale tourne quant à lui autour des 20 % de la population. L'évolution des différents indicateurs montre un sensible déclin (amélioration). L'objectif chiffré était de ne plus compter en 2020 que 1.855.000 personnes en situation de risque de pauvreté et d'exclusion sociale. Force est de constater que les résultats (2.307.000 en 2020) restent décevants.
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2.7 Pauvreté et inégalités en Belgique 2/
Comment expliquer cet échec relatif ? Faut-il en conclure que l'État belge serait resté inactif ? Certainement pas.
La SÉCURITÉ SOCIALE joue un rôle considérable dans la réduction de la pauvreté. Ainsi, si l'on EXCLUAIT des données tous les revenus issus de transferts sociaux la SITUATION DE PAUVRETÉ et D'EXCLUSION concernerait 41,7% de la population !!!!
Ensuite l'État a investi pour MAINTENIR (ou renouer) les liens des personnes en difficultés :
▪ avec le MARCHÉ DE L'EMPLOI (à travers l'État social actif)
▪ dans des RÉSEAUX DE SOCIABILITÉ (à travers notamment les politiques de cohésion sociale) Mais, si l'on se souvient du tableau proposé par J. Vranken, (voir point 2.2), la situation D'EXCLUSION concerne non seulement un axe « RUPTURE » ; mais aussi un axe « HIÉRARCHISATION » On ne peut donc pas lutter efficacement contre la pauvreté sans aussi prendre en compte les questions relatives aux INÉGALITÉS.
Une politique de la pauvreté (de sa réduction) implique donc, une politique de la richesse (et de sa distribution)
Les statistiques fiscales fournies par le SPF FINANCES font apparaître une inversion entre les deux extrémités (les 10% les plus fortunés bénéficient du 1/3 du revenu total net imposable, de l'autre, le 1/3 de la population la moins fortunée ne bénéficie que de 10%).

Les 1% les plus riches empochent à eux seuls 7,71 % du revenu total (soit l'équivalent d'environ 1/4 des Belges les moins fortunés))
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Indice de Gini et répartition des richesses
L'indice de Gini est un indicateur de DEGRÉ D'INÉGALITÉ d'un État. Il se situe quelque part entre 2 EXTRÉMITÉS FICTIVES représentées par des lignes sur le graphique : L'ÉGALITÉ TOTALE : un décile empoche 10 % de la richesse, deux déciles empochent 20 % de la richesse, etc. L'INÉGALITÉ TOTALE : personne ne reçoit rien et, tout au bout, un seul individu empoche les 100 % de la richesse. Entre ces deux lignes se dessine un TRIANGLE RECTANGLE : En cas D'INÉGALITÉ totale, sa surface est la plus grande possible. On lui accorde la valeur de 1.
En cas D'ÉGALITÉ TOTALE, la surface est nulle, puisque le triangle s'écrase sur son hypoténuse. On lui accorde la valeur de 0.

Les inégalités sont plus importantes encore lorsqu'on considère les PATRIMOINES

Les 20 % des ménages les plus pauvres n'apparaissent même pas dans le graphique. Leur patrimoine est quasi INEXISTANT (voir déficitaire à cause de l'endettement).
A contrario, les 20 % les plus nantis se partagent environ 60 % de patrimoine net total. Le moins fortuné de ces 20 % les plus riches possède un patrimoine d'une valeur 3,2 fois plus élevée que le MÉNAGE MÉDIAN. Les inégalités de revenus et de patrimoines ont évidemment des CONSÉQUENCES concrètes sur le BUDGET DES MÉNAGES (leurs dépenses ou leur capacité d'achat) : -La hauteur de leurs dépenses totales :les 25 % les plus riches dépensent un montant 2X plus élevé que les 25% les moins nantis -Le poids des postes essentiels (nourriture, médicaments): 65% pour les 25 % les moins nantis et 55 % pour les plus fortunés (ce qui leur laisse plus de marge pour d'autres types de dépenses.
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2.8. La concentration des richesses 1/4
« Quand je donne à manger aux pauvres, on me dit saint. Lorsque je demande pourquoi ils sont pauvres, on me traite de communiste »

Même si elles restent relatives, des RAISONS peuvent être évoquées pour JUSTIFIER un certain degré d'inégalité : la prise de risque, du temps consacré aux études,... Cependant, d'autres critères pourraient être objectés : l'entrée précoce dans la vie active, la pénibilité de certains travaux manuels, etc

Les inégalités ne sont pas d'emblée et en soi négatives. Elles peuvent ENCOURAGER la contribution de chacun à la vie sociale, etc. Par contre, elles semblent progressivement ÉCHAPPER à tout système de JUSTIFICATION RATIONNEL ; et, plus grave encore, qu'en devenant DÉRAISONNABLES, elles MENACENT les fondements rationnels des SYSTÈMES économiques et politiques.
Même l'agence de notation Standard & Poor's se positionne, mais bien sur celui de l'intérêt, l'intérêt des financiers qu'elle informe et qu'elle alarme : Notre analyse des données, ainsi que l'abondante recherche en la matière, nous conduisent à conclure que le NIVEAU ACTUEL D'INÉGALITÉ de revenus aux Etats-Unis FREINE LA CROISSANCE du PIB, au moment où la première économie mondiale lutte pour se remettre de la grande récession, et où le gouvernement a besoin de financement pour supporter le vieillissement de la population L'inégalité aurait donc un coût, celui d'un ralentissement de la croissance économique ?
Pour Joseph STIGLITZ, prix Nobel d'économie en 2001, L'INÉGALITÉ A UN PRIX et ce dernier est colossal tant les conséquences sont globales. D'un point de vue économique, c'est la RÉCESSION QUI SE PROFILE.
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2.8. La concentration des richesses 2/4
D'un point de vue politique, c'est la STABILITÉ, la paix et la démocratie qui se trouvent menacées lorsque la CONFIANCE DES CITOYENS S'ÉRODE face à leurs institutions qu'ils perçoivent comme dépassées, en PERTE DE MAÎTRISE face aux marchés, ou pire encore comme INFÉODÉES aux puissants intérêts privés.
Plus profondément encore, STIGLITZ dénonce avec sévérité la CUPIDITÉ des 1% les plus riches qui en vient progressivement à VIDER LA LOGIQUE LIBÉRALE des principes qui la fondent. Ne resterait plus alors QU'UNE PURE IDÉOLOGIE.
La doctrine de la productivité marginale, stipule que RÉTRIBUER CHACUN SELON SES MÉRITES, etc permet d'entretenir une SAINE ÉMULATION et d'inciter CHACUN à TRAVAILLER, à s'impliquer
Mais le critère d'utilité est-il toujours bien opérant ? Entre les influenceurs et le balayeur de ma rue, il n'y a pas photo, tant en termes de revenus que de prestige social. Je suis pourtant persuadé que le second n'est socialement pas moins utile que les premiers. On encensera la réussite individuelle de winners en SOUS-ESTIMANT LA DIMENSION COLLECTIVE de la création de richesses
PERSONNE ne peut prétendre créer de la richesse PAR LUI-MÊME; Quelle richesse produirait un haut manager sans ses employés, sans ses ouvriers ? Plus encore, quelle richesse produirait ce haut personnage sans Mr W, éboueur, qui le dispense de se débarrasser lui-même de ses déchets; quelle richesse produirait-il en l'absence des personnes potentiellement actives mais sans travail (les SURNUMÉRAIRES) dont la PRÉSENCE sur le marché de l'emploi fait PRESSION SUR L'ÉVOLUTION DES SALAIRES (contribuant ainsi à la stabilité des prix. Maintenir un certain degré de sous-emploi s'avère bénéfique pour la croissance de l'économie.
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2.8. La concentration des richesses 3/4
Les justifications avancées aujourd'hui : la prise de RESPONSABILITÉ inhérente à la fonction de décideur, la prise de RISQUE de l'investisseur, le TEMPS consacré aux études, etc.

Mais à nouveau, d'après STIGLITZ, l'argument de la rétribution différenciée du mérite et de la vertu a du plomb dans l'aile.

Bien plus, la MÉDIOCRITÉ CYNIQUE n'empêche nullement de BÉNÉFICES ABONDANTS. Par exemple, les SUBPRIMES ne sont ni plus ni moins qu'une forme de SPÉCULATION SUR LA PAUVRETÉ. Plus un investissement est risqué et plus il rapporte.

La thèse de l'économie du RUISSELLEMENT, la richesse « en haut » stimule la croissance de la société jusqu'au plus bas, est de ce fait aujourd'hui DISCRÉDITÉE. On assiste plutôt à une économie « de la HOTTE », qui ASPIRE les richesses du bas vers le haut où elle se concentre.
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2.8. La concentration des richesses 4/4
Simon Kusnetz et Thomas Piketty
Les discours établis ressassent que prendre soin de la richesse d'une minorité PROFITE À TOUS.
On doit à Simon KUSNETZ (1958) cette loi selon laquelle le DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE est ENCOURAGÉ PAR LES INÉGALITÉS qui DÉCROIENT PLUS TARD.
En 2013, Thomas PIKETTY remet en question cette affirmation. il publie Le capital au XXIe siècle. Il montre que les NIVEAUX D'INÉGALITÉ atteints aujourd'hui rejoignent ceux qui étaient DÉCRIÉS à l'époque où la question sociale (la condition réservée au PROLÉTARIAT) se posait avec acuité, aux XIX et début de XXe siècle. Il explique que cette progression des inégalités est notamment due au DÉCALAGE entre le :
-TAUX DE RENDEMENT DU CAPITAL (« c'est-à-dire ce que RAPPORTE en moyenne le CAPITAL au cours D'une Année)
-TAUX DE CROISSANCE DE L'ÉCONOMIE « RÉELLE » (« ACCROISSEMENT ANNUEL DU REVENU et de la PRODUCTION »). Le rendement du capital est durablement BEAUCOUP PLUS ÉLEVÉ ET PLUS RAPIDE (entre 4 et 5 %) que la croissance de la production et des revenus (entre 0,1 et 0,8 % et ne pourrait plus guère dépasser les 1 à 1,5 %).

Autrement dit, le REVENU DU PATRIMOINE AUGMENTE PLUS RAPIDEMENT que le revenu du travail, enrichissant de façon exponentielle le petit nombre de gens qui le possède, au détriment de la masse de ceux qui ne tirent leur revenu que de leur travail..
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2.9. La mobilité sociale
2.9.1. Mobilité horizontale / verticale
Les positions dans la structure sociale ne sont PAS définitivement FIGÉES. Les déplacements INDIVIDUELS et COLLECTIFS sont possibles au sein de la structure. C'est à Pitrim SOROKIN (sociologue américain d'origine russe, 1889-1968) que l'on doit la notion de mobilité sociale.

Sorokin part de l'idée que la structure sociale dessine un espace et que, LES DÉPLACEMENTS soulèvent les MÊMES ENJEUX que les déplacements DANS L'ESPACE PHYSIQUE : les positions et les déplacements sont en partie déterminés par des CHAMPS DE FORCE ; et tout mouvement implique de prendre en compte « DIRECTION », « DISTANCE », « MASSE » et « TEMPS ».

On distingue ainsi :
-la mobilité HORIZONTALE et la mobilité VERTICALE
-la mobilité COLLECTIVE et la mobilité RÉELLE (individuelle)
-la mobilité collective peut être INTENTIONNELLE ou PROVOQUÉE
-la mobilité réelle peut être INTRA- ou INTERGÉNÉRATIONNELLE.

2.9.1.
-La mobilité HORIZONTALE qualifie des déplacements ENTRE GROUPES FONCTIONNEL sans nécessairement de déplacement dans les strates sociales (déplacements horizontaux dans la structure en quadrillés).
-La mobilité VERTICALE désigne des déplacements dans la HIÉRARCHIE SOCIALE, entre strates sociales, SANS NÉCESSAIREMENT de déplacement entre les groupes fonctionnels.
Cette dernière peut être :
-ASCENDANTE si la mobilité conduit à un statut supérieur, plus enviable.
-DESCENDANTE si la mobilité conduit à un statut inférieur, moins enviable.
La mobilité est souvent À LA FOIS verticale et horizontale, les déplacements entre groupes fonctionnels S'ACCOMPAGNANT SOUVENT de déplacements dans la stratification ou inversement.
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2.9.2. Mobilité collective
La mobilité collective concerne les déplacements de CATÉGORIES SOCIALES ENTIÈRES au sein de la structure sociale, ou encore des changements dans les rapports hiérarchiques entre catégories sociales.
A. Mobilité collective intentionnelle
La mobilité collective peut être le résultat D'ACTIONS COLLECTIVES qui revendiquent une AMÉLIORATION du statut Ces actions collectives peuvent être menées par une COUCHE PARTICULIÈRE au sein d'un groupe fonctionnel (manifestation des aides-soignants, pour améliorer leur positionnement au sein du monde médical) ou par une STRATE FONCTIONNELLE DANS SON ENSEMBLE (manifestation du personnel médical, pour repositionner le corps médical au sein de la structure globale)
B. Mobilité collective PROVOQUÉE Il s'agit d'une mobilité de catégories sociales entières qui ne reposent pas sur une intention de changement, mais qui est provoquée par des MODIFICATIONS PROFONDES de 3 types d'ordre
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Modification profonde de type socio- culturel/économique/démographique
-Socio-CULTUREL : Les INSTITUTEURS jouissaient d'un statut très enviable jusqu'à environ la moitié du 20ème siècle,
Démocratisation scolaire -> Perte de sa notoriété et de son prestige -> Revendications répétées pour une revalorisation de leur statut, se repositionner dans la structure sociale. C'est COLLECTIVEMENT et du fait de CHANGEMENTS dans la société que LEUR STATUT s'est dégradé. Mobilité provoquée.
-Socio-ÉCONOMIQUE : L'extension du SECTEUR TERTIAIRE parallèlement à la contraction des secteurs primaires et secondaires a induit des DÉPLACEMENTS de catégories sociales vers DES EMPLOIS DE SERVICE.
-Socio-DÉMOGRAPHIQUE (exemple, les flux migratoires) : On peut différencier trois formes de migration :
1) Une migration de CONDITION qui concerne des populations qui ont de FAIBLES QUALIFICATIONS
2) Une migration de POSITION qui concerne des populations plus QUALIFIÉES, qui souhaitent accélérer leur ASCENSION SOCIALE
3) Une migration de populations HAUTEMENT QUALIFIÉES qui souhaitent faire carrière dans un pays économiquement PLUS DÉVELOPPÉ.
Les nouveaux migrants seront amenés à occuper les PLACES LES PLUS BASSES de la structure sociale. FAVORABLEMENT AUX ANCIENS migrants installés sur le territoire depuis plus longtemps. (italien -> Maghreb) Il y a une ethnicisation de la stratification sociale, une corrélation entre la concentration spatiale de populations étrangères et les poches de pauvreté.

Une même corrélation est établie entre nationalité et taux de chômage. Les discriminations à l'emploi sont par ailleurs avérées, (par la BIT) qui montrent qu'à qualification identique, les origines ethniques réduisent les chances d'être engagé. En 2012, OUALI et CENNICOLA, indiquent que dans un même contexte, le risque de chômage est plus élevé pour les Turcs (+21,4 %)et Marocains (+23,4 %) que pour les Belges.
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2.9.3. Mobilité réelle (individuelle)
La mobilité réelle qualifie les déplacements d'un individu au sein de la structure sociale
A. Mobilité INTRAGÉNÉRATIONNELLE : concerne les déplacements d'un individu AU COURS DE SON EXISTENCE. C'est le cas par exemple d'une personne qui se RÉORIENTE et change de profession (horizontale) ou encore d'un instituteur qui va entreprendre les démarches pour devenir directeur d'école : PROMOTION (ascendante)
B. Mobilité INTERGÉNÉRATIONNELLE : concerne les déplacements d'un individu dans la structure sociale PAR RAPPORT À SON MILIEU D'ORIGINE. Ce sont les déplacements que l'on observe entre la GÉNÉRATION DES PARENTS ET CELLE DES ENFANTS. Les parents poussent leurs enfants à « mieux réussir ».
En termes de NIVEAUX D'INSTRUCTION, cette mobilité ASCENDANTE s'observe ; mais elle concerne des distances relativement courtes : on accède plus difficilement à des degrés d'instruction plus élevés. En termes de statuts socio-ÉCONOMIQUES, la mobilité semble encore MOINS FACILE.
Entre 1900-09 et 1960-69, le niveau d'instruction global s'est CONSIDÉRABLEMENT ÉLEVÉ.
Si l'on s'intéresse plus spécifiquement à la cohorte des hommes nés entre 1960-1969, ainsi qu'au niveau d'instruction de leur père, on observe les éléments suivants : En toute logique, si le diplôme de primaire du père n'avait aucune influence sur le diplôme du fils, on devrait retrouver dans la PREMIÈRE LIGNE, LES MÊMES PROPORTIONS QUE DANS LA DERNIÈRE. Or, ce que l'on voit, c'est que les proportions sont TRÈS DIFFÉRENTES en fonction du niveau d'instruction des pères. On peut en déduire que ce dernier a effectivement une INFLUENCE sur celui des fils.
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2.9.3. Mobilité réelle
B. INTERGÉNÉRATIONNELLE
On peut alors calculer un taux de mobilité INTRINSÈQUE en divisant la PROPORTION DE CHAQUE CASE (fils universitaires, père prmiaire) par la PROPORTION TOTALE de la génération des fils (total de fils universitaires). On obtient un TAUX DE MOBILITÉ INTRINSÈQUE.

On peut interpréter le tableau de la manière suivante : La DIAGONALE partant du haut à gauche vers le bas à droite représente L'ABSENCE DE MOBILITÉ (reproduction). Les cases qui se situent AU-DESSUS de cette diagonale représentent la mobilité verticale ASCENDANTE. A contrario, les cases qui se situent en DESSOUS de la diagonale représentent la mobilité verticale DESCENDANTE.
On peut interpréter les taux de la manière suivante : S'ils sont PROCHES DE 1, le niveau d'instruction du père INFLUENCE PEU celui du fils. Plus ils s'éloignent de 1, et plus ces proportions sont différentes.
Si une catégorie présente un score >1, c'est que le niveau d'instruction des pères induit une SURREPRÉSENTATION des fils dans cette catégorie ; et à l'inverse, si une catégorie présente un score <1, c'est que le niveau d'instruction des pères induit une SOUS-REPRÉSENTATION des fils dans cette catégorie
On constate une mobilité intergénérationnelle ascendante. Toutefois, si la mobilité est bien présente, elle reste RÉDUITE, EN TERMES DE DISTANCE. On accède plus facilement à un niveau de diplôme DIRECTEMENT SUPÉRIEUR à celui de nos parents ; mais plus est moins fréquente.

L'obtention d'un DIPLÔME est une chose ; mais l'inscription dans un EMPLOI en est une autre.
En termes SOCIOPROFESSIONNELS, il reste bien DIFFICILE de s'extraire de sa catégorie d'origine. On constate même la POSSIBILITÉ d'une mobilité intergénérationnelle DESCENDANTE qui n'est pas négligeable. L'ascenseur social (qui fonctionnait à plein régime au cours de 30 glorieuses d'après-guerre) semble désormais grippé.
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2.10. Reproduction sociale
Le niveau d'étude s'élève ; mais pas la mobilité en termes socioprofessionnels.
BOUDON y voit un effet PERVERS de l'agrégation des stratégies rationnelles de promotion sociale des familles RÉDUIT LA VALEUR DE CES DIPLÔMES.
BOURDIEU, quant à lui, va évoquer le DÉCALAGE CULTUREL entre des HABITUS (ethos) de classe et une CULTURE DOMINANTE ; ainsi que la VIOLENCE SYMBOLIQUE de L'INSTITUTION SCOLAIRE.
Le champ culturel est aussi un champ de lutte, pour la DISTINCTION. En fonction des catégories sociales auxquelles on appartient, nous adopterons des manières (d'être, agir, ...) différentes
Pour BOURDIEU, ces distinctions implique que les HABITUS seront DIFFÉRENTS selon les catégories ou CLASSES SOCIALES. L'habitus est un ensemble de dispositions culturelles durables INCULQUÉES par la famille et PROPRE À UNE CLASSE sociale. Il s'agit d'une « véritable boussole interne qui nous PERMET DE NOUS ORIENTER dans l'espace social ».


La culture constitue un enjeu de CLASSEMENT et donc de pouvoir. De cette compétition culturelle ressort une forme de CULTURE DOMINANTE véhiculée par L'ÉCOLE. Les enseignants inculquent les codes culturels DOMINANTS. L'école devient ainsi le lieu d'une violence institutionnelle. Un EFFORT SUPPLÉMENTAIRE sera recquis pour ceux qui ne sont pas déjà familié avec cette culture. Nécessitant de leur part un INVESTISSEMENT CONSIDÉRABLE et préalable qui les détournent quelque peu de L'APPRENTISSAGE des fondamentaux (lecture, l'écriture, le calcul). Des RETARDS APPARAISSENT qui s'objectiveront dans les résultats scolaires. Comme ces derniers reproduisent les différences sociales, l'école en vient alors progressivement à apprendre aux enfants les différences sociales et à LEUR FAIRE ACCEPTER leur position dans la hiérarchie sociale. C'est alors le degré D'AMBITION des individus qui peut être affecté.
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3. AGIR POUR LE CHANGEMENT ? DES CATÉGORIES SOCIALES AUX ACTIONS COLLECTIVES
3.1. Le conflit participe au lien social
D'après DUPRÉEL, les GROUPES SOCIAUX sont formés de rapports sociaux POSITIFS et COMPLÉMENTAIRES. Lorsque le TERME COMMUN autour duquel s'associent des individus consiste en un INTÉRÊT COLLECTIF à défendre alors le groupe peut constituer une FORCE D'ACTION COLLECTIVE.

Parce que les groupes reposent sur les RAPPORTS SOCIAUX et que les rapports sociaux sont VECTEURS DE FORCE (influence), les groupes représentent aussi une force sociale, INFLUENÇANT LES INDIVIDUS, les autres groupes et, en définitive de PESER SUR LA REPRODUCTION ou la transformation des structures sociales
DUPRÉEL distingue : les rapports sociaux positifs qui reposent sur L'ACCORD ENTRES TERMES, les rapports sociaux négatifs qui présentent des ANTAGONISMES, le conflit entre les parties.

Selon lui, les rapports sociaux POSITIFS augmentent la FORCE sociale du groupe et de chacun de ses membres ; tandis que les rapports négatifs seraient DESTRUCTEURS DE FORCE SOCIALE. Il est vrai que plus les membres du groupe seront D'ACCORD et se sentiront vibrer sur la même longueur d'onde, plus le groupe sera SOUDÉ et RÉSISTANT. Les bénéfices de rapports sociaux positifs sont manifestes. Par contre, les MÉFAITS des rapports sociaux NÉGATIFS, sont beaucoup MOINS ÉVIDENTS ; d'autant plus lorsque l'on grimpe en généralité l'échelle qui monte des rapports interindividuels vers la symbiose sociale.
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Les rapports antagoniques impliquent-ils nécessairement une Dégradation du tissu social ?Autant de questions qui en appellent à la prudence. Sur ce point, Le conflit (1908) de G. SIMMEL (1858-1918) apporte un éclairage intéressant. « moment positif qui tisse avec son caractère de négation une unité conceptuelle ». Dès lors, LE CONFLIT PARTICIPE AU LIEN SOCIAL. En réalité, les rapports dits « négatifs » et « positifs » S'ENTRECROISENT et sont toujours présents dans les phénomènes sociaux. Le conflit ne SIGNIFIE PAS toujours la RUPTURE des rapports sociaux. Les rapports conflictuels présentent souvent des FACETTES D'ACCORD entre les termes, ne fût-ce que le TERME COMMUN qui constitue l'enjeu de leur conflit. C'est bien parce que cet enjeu représente une même valeur pour les deux parties qu'ils entrent en conflit. Des formes de COMPROMIS ou de résolution de conflit peuvent en découler. Des rapports dits « négatifs » peuvent être COMPLÉMENTAIRES de rapports positifs. Si un terme A est en conflit avec un terme B et un terme C, B et C peuvent s'allier tous les deux (rapport « positif ») contre A.
Le conflit PARTICIPE donc bien au lien social et ne doit pas être confondu NI avec une FRAGMENTATION du lien social, NI avec la VIOLENCE. On peut même se demander si la tendance actuelle à éviter toute forme de conflit, ne contribue pas précisément à cette fragmentation et ne génère pas davantage de violence ?
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3.2. Ralph DAHRENDORF : La notion de quasi-groupe et de groupe d'intérêt. 1/2
Des CARACTÉRISTIQUES COMMUNES doivent exister pour fonder un groupe. Mais cela NE SUFFIT PAS. Il faut qu'elles deviennent un TERME COMMUN autour duquel se nouent réellement des RAPPORTS SOCIAUX COMPLÉMENTAIRES. Ressemblances n'engendre pas la formation d'un groupe. Intérêts communs n'engendre pas l'action collective. Encore faut-il que les individus PRENNENT CONSCIENCE de cet intérêt partagé et que ce dernier constitue un réel terme commun autour duquel se nouent leurs complémentarités
MARX affirmait qu'une classe sociale n'existait pas SANS CONSCIENCE DE CLASSE.

D'après DAHRENDORF leur enjeu est désormais la RÉPARTITION DE L'AUTORITÉ (et pas la propriété des moyens de production). Le capital (et les moyens de production) est désormais DISPERSÉS entre ACTIONNAIRES MULTIPLES. Ils délèguent leur autorité à des directeurs (managers) afin qu'ils GÈRENT L'ENTREPRISE, leurs LÉGUANT LE CONFLIT (direction vs travailleur : répartition de l'autorité). Les relations entre propriétaires et employés sont MOINS DIRECTES. Il y a une DISTRIBUTION DIFFÉRENTIELLE DE L'AUTORITÉ, les conflits sont inévitables

D'après lui, les individus peuvent appartenir à PLUSIEURS GROUPES, pouvant mener à des CONFLITS PSYCHOLOGIQUES ou D'INTÉRÊTS PERSONNELS (être ouvrier et entraîneur de l'équipe de foot de l'entreprise). Toutefois, les individus ont tendance à CUMULER l'autorité dans différents domaines. Par contre, à un niveau global, les CONFLITS semblent SE CHRONICISER dans la société, de plus en plus nombreux et opposeraient de - en - 2 classes clairement identifiées, perdant alors de leur virulence Enfin, les conflits se sont INSTITUTIONNALISÉS. Les conflits dans la sphère ÉCONOMIQUE PERDENT progressivement leur dimension POLITIQUE (séparation grandissante ) puisqu'ils se régulent désormais davantage AU SEIN MÊME de l'économie.
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3.2. Ralph DAHRENDORF : La notion de quasi-groupe et de groupe d'intérêt. 2/2
Il distingue :
-Les INTÉRÊTS LATENTS : intérêts PROPRES AUX GROUPES, en fonction de leur POSITION dans des rapports d'autorité, qui existent de manière NON APPARENTE, mais PEUVENT à tout moment SE MANIFESTER.
-Les intérêts manifestes : intérêts latents qui ont ÉCLATÉ au grand jour et se sont mués en OBJECTIFS CONSCIENTS et explicites
Partant de ces 2 formes d'intérêt, DAHRENDORF établit une distinction entre :
-Les QUASI-GROUPES : qui rassemblent des individus aux INTÉRÊTS LATENTS, qui peuvent avoir une culture commune mais qui ne sont PAS ORGANISÉS autour de ces positions communes. Ils ont un (ou des) termes communs, mais n'en ont PAS encore pris CONSCIENCE.
-Les groupes d'intérêt : qui rassemblent des individus qui ont pris conscience de leurs INTÉRÊTS COMMUNS. Les groupes d'intérêts s'organisent et définissent des PROGRAMMES D'ACTIONS soit pour MODIFIER les structures d'autorité, soit pour les DÉFENDRE.
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3.3. THOMPSON, La formation de la classe ouvrière anglaise
E.P. THOMPSON (1963) montre que cette CONSCIENTISATION est un PROCESSUS LONG et complexe qui s'étend de 1790 à 1830. Il s'oppose aussi à une lecture trop dichotomique des rapports de classes. La classe ouvrière est à l'origine très DISPARATE. Les premiers travailleurs à s'engager dans les luttes sociales proviennent des SECTEURS TRADITIONNELS et NON DES GRANDES MANUFACTURES. Les modalités d'actions sont multiples (luddisme, grèves, manifestations, etc.). On observe donc une myriade d'initiatives limitées dans leur ampleur (à l'échelle sectorielle, à l'échelle locale)
Le processus de FORMATION de la classe ouvrière se teinte de nuances de gris et fait apparaître des PARADOXES : La RÉPRESSION (massacre de Peterloo à Manchester en 1819, bourgeois charge aux côtés de la police) AIDE LA CONSCIENCE DE CLASSE
L'opium du peuple que représente la RELIGION provoque un ÉVEIL. En INSTRUISANT les ouvriers, dans un esprit paternaliste, les pasteurs vont (bien malgré eux) les DOTER D'OUTILS intellectuels qui vont les aider à S'ORGANISER dans leurs luttes sociales. Les LECTURES d'intellectuels PROGRESSISTES (qui accompagnent le catéchisme) vont soutenir la production d'une CULTURE INTELLECTUELLE OUVRIÈRE. Ici et là, on prend conscience que d'autres vivent les mêmes conditions d'exploitation et se mobilisent dans une volonté de changement. Les enjeux des luttes perdent leur particularisme et MONTENT EN GÉNÉRALITÉ. Les INITIATIVES DISPARATES S'ASSOCIENT et se structurent en mouvement plus vaste. L'enjeu fondamental se déplace vers la SUPERSTRUCTURE et devient plus POLITIQUE : la revendication du SU (terme commun) dépasse les réalités locales et prend une DIMENSION NATIONALE. Thompson montre bien que la formation d'une conscience amenant à l'action collective s'inscrit dans une temporalité longue
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3.4. Augmenter le pouvoir en élargissant les réseaux (5 Hypothèses de Van Campenhoudt)
L. VAN CAMPENHOUDT (2010, p.20) propose le schéma suivant. De quoi dépend ce pouvoir ? L'auteur énonce 5 hypothèses dont aucune n'est suffisante en soi mais COMPLÉMENTAIRE.
Pouvoir et réseau social EN ÊTRE :
Hyp. 1 : Le pouvoir dépend de la capacité de faire réseau
POUVOIR DANS LE RESEAU :
Hyp. 2 : Le pouvoir dépend de la position STRUCTURELLE dans le réseau (centralité, trous structuraux,...)
Hyp. 3 : Le pouvoir dépend de la capacité de MOBILISER les autres dans le réseau, et d'éviter de l'être soi-même ACTANTIELLE
POUVOIR DU RESEAU
Hyp. 4 : Le pouvoir dépend de la POSITION DES PÔLES du réseau dans leurs champs respectifs et de la structure des capitaux correspondante (STRUCTURELLE)
Hyp. 5 : Le pouvoir dépend de la capacité du réseau de se mobiliser et de politiser ses enjeux (contextes de micromobilisation). (ACTANTIELLE)
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3.4. Augmenter le pouvoir en élargissant les réseaux
La notion de « contextes de MICROMOBILISATION » proposée par MC ADAM (1988), retient notre attention. Les réseaux de taille ne sont pas les seules à provoquer le changement. TOUTE ACTION collective a en effet pour origine et éléments de BASE (« basic building blocks ») des PETITS GROUPES de personnes en étroite connexion qui se réunissent, communiquent, expérimentent des méthodes d'action, ... C'est précisément la taille modeste de ces groupes ou réseaux qui PERMET en réalité de CONSOLIDER des « blocs de base » et de FAVORISER LA MOBILISATION des individus dans une sorte de remontée en généralité : « L'ATTRIBUTION COLLECTIVE », i.e. le DÉPLACEMENT et le rattachement D'INTÉRÊTS PERSONNELS à une cause commune d'abord LOCALISÉE à des causes plus GLOBALISÉES.
De PROCHE EN PROCHE, ou de loin en loin, on transforme, on traduit des SOUFFRANCES INDIVIDUELLES, dont l'expression est tout d'abord ATOMISÉE, en questions collectives ; puis les questions collectives en préoccupations d'intérêt public. Sans s'adjoindre à une autre force, celle des alliances, les revendications risquent d'être peu performatifs et de rester constatatifs. Il faut SE CONSTITUER EN RÉSEAU, agencer,... C'est ainsi, d'après CALLON et LATOUR, en grandissant, qu'un MICROACTEUR DEVIENT MACROACTEUR, un actant capable de résister au pouvoir des Léviathans
Une action collective qui parvient à monter en généralité et qui vise le changement de certaines orientations majeures de la société s'appelle un MOUVEMENT SOCIAL
D'après Alain TOURAINE, il suppose toujours un PRINCIPE D'IDENTITÉ (définition propre au groupe d'action collective), un PRINCIPE D'OPPOSITION et un PRINCIPE DE TOTALITÉ (une VISION DE L'ENJEU et du projet de transformation sociale)
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3.5. La mobilisation : Mançur OLSON et la notion d'incitation sélective
Ce n'est pas parce que les individus prennent conscience qu'ils ont effectivement des intérêts communs à défendre qu'ils vont tous choisir de s'engager dans l'action collective (il faut aussi s'intéresser aux particuliés)
OLSON (1966) s'est intéressé aux facteurs qui peuvent FAVORISER ou au contraire décourager L'ENGAGEMENT des individus dans l'action collective. Il montre notamment que la stratégie de la DÉFECTION (l'abstention: déménagements massifs à cause d'un aéroport) peut apparaître PLUS AVANTAGEUSE pour les individus QUE leur ENGAGEMENT dans l'action collective (coût ou risques trop importants ; pas le sentiment que leur engagement personnel pourra changer grand-chose ; passagers clandestins : veulent les profits sans l'engagement). L'action collective aura PEU DE CHANCE de se développer lorsque CHACUN SE REPOSE SUR LES AUTRES
Certaines conditions sont plus favorables à l'émergence d'une action collective : Lorsque le quasi-groupe est RESTREINT et que l'engagement personnel de chacun paraît essentiel, par exemple. La défection des membres du groupe latent peut exister s'ils s'en remettent complètement à une organisation extérieure
Enfin, OLSON énumère un certain NOMBRE de techniques aptes à FAVORISER L'ENGAGEMENT des individus dans l'action collective. Elles peuvent reposer sur
-mécanismes COERCITIFS (« tu participes ou tu seras puni », « tu participes ou tu seras exclu »)
-mécanismes d'incitation indirecte qu'OLSON appelle TECHNIQUES D'INCITATION SÉLECTIVE. Augmenter le coût de la non-participation, de RÉPARTIR les BÉNÉFICES obtenus par l'action collective en fonction du DEGRÉ D'ENGAGEMENT DES INDIVIDUS (« plus tu participes et plus ta part de bénéfice sera importante »).
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3.6. Anthony OBERSCHALL : les formes de l'action collective
OBERSCHALL (1973) propose une TYPOLOGIE des formes D'ACTION COLLECTIVE. Il croise 2 dimensions
-D'une part, les rapports sociaux (INTERNES au groupe) qui peuvent être COMMUNAUTAIRES, sociétaires ou PEU ORGANISÉS
-D'autre part, les relations (EXTERNES au groupe) avec les groupes sociaux LES PLUS PUISSANTS (qui constituent un relais) ou les plus influents qui peuvent être caractérisées par la PROXIMITÉ ou par la DISTANCE (proximité : INTÉGRATION ; distance : FRAGMENTATION)

Sur la ligne « proximité »,
-le cas A, le potentiel de mobilisation est aux mains des porte-paroles de la COMMUNAUTE
-le cas C, le potentiel de mobilisation est aux mains des organisations existantes (syndicats, fédérations, etc.) SOCIETAIRES
-le cas B, le potentiel de mobilisation passe surtout par des rapports sociaux fortement personnalisés comme le clientélisme PEU D'ORGANISATION
Sur la ligne « distance »
-le cas D, l'action collective sera très rapidement et très énergiquement mobilisée dès que la COMMUNAUTE se sentira menacée
-le cas E, l'absence d'organisation peut mener à des actions brèves et violentes de type émeute PEU D'ORGANISATION
-le cas F, des actions très organisées seront possibles, mais elles s'exprimeront en dehors des cadres et des formes classiques de mobilisation (grève du sommeil à l'aéroport pour les riverains mécontents des nuisances sonores) SOCIETAIRES
L'originalité et la diversité des actions augmenteront la possibilité pour le groupe d'être entendu
L'intérêt majeur de cette classification est de souligner l'influence de la forme des rapports sociaux sur la genèse des actions collectives, sur leurs formes et les ressources qui y sont mobilisées.
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4. ÊTRE NORMAL ? NORMES ET DÉVIANCES
4.1. Des valeurs aux normes
Tant l'existence des inégalités sociales que les actions collectives QUESTIONNENT le lien entre ORDRE SOCIAL et ordre des VALEURS (hiérarchie)
en particulier la catégorie du JUSTE : la supériorité de certaines catégories sociales est-elle juste, et dans quelle mesure ?
-Les uns JUSTIFIERONT la hiérarchie sociale (surplus de vérité, de bonté, du bien, de beauté)
-D'autres DÉNONCERONT l'inadéquation entre la hiérarchie (l'ordre) sociale et celle des valeurs. Ils ne remettent pas en question la hiérarchie des valeurs, ils montrent que les CONDITIONS RÉSERVÉES AUX CLASSES INFÉRIEURES LES VIOLENT
-D'autre encore s'indigneront plus FONDAMENTALEMENT CONTRE l'ordre des VALEURS et leurs interprétations. DUPRÉEL expose en effet que les valeurs ABSOLUES ne sont que des IDÉAUX, les valeurs paraissent RELATIVES, ce qui donne son importance à l'idéal. Les idéaux se FROTTENT donc, et en résultent une HIÉRARCHIE, un ordre, qui n'est JAMAIS ABSOLU, fait l'objet de controverses et de luttes
Dans la triade « liberté, égalité, fraternité », qu'est-ce qui prime ? La liberté implique notamment qu'un individu puisse en propre jouir de sa propriété, mais ne menacent-elles pas l'idéal d'égalité ? L'idéal de justice sociale fait l'objet de contradictions. Aristote, et Saint Thomas d'Aquin, distinguent :
-La justice COMMUTATIVE qui considère qu'il faudrait traiter CHACUN DE FAÇON IDENTIQUE
-La justice DISTRIBUTIVE y oppose la notion D'ÉQUITÉ
Est-il juste de ne pas prendre en considération les ressources/les handicaps dans le traitement?

On le voit, pour DUPRÉEL, les valeurs sont RELATIVES
-elles prennent précisément leur valeur PAR RAPPORT À D'AUTRES valeurs
-elles sont relatives dans la mesure où leur HIÉRARCHIE est susceptible de CHANGER en FONCTION DES RAPPORTS DE FORCE.
L'ordre des valeurs n'est donc pas absolu, pas définitif, RÉVOCABLE.
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4.2. Les normes
4.2.1. Les normes sociales, formelles et informelles
L'ordre des valeurs reste CONSISTANT. Il tente de se fixer pour ÉCHAPPER à une REMISE EN QUESTION perpétuelle. Il va donc se cristalliser, dans des RÈGLES DE CONDUITES (les normes sociales) qui définissent ce qui est prescrit et proscrit. Elles peuvent

-s'instituer dans les CONVENTIONS (les lois qui instituent les droits sociaux) -> justice distributive (contractualisation des droits sociaux qu'instaure l'Etat social actif)

-s'exprimer dans les RAPPORTS SOCIAUX (dans les relations sociales) à travers des attitudes de charité, de générosité

D'un point de vue sociologique, les normes sociales recouvrent :
-Les normes FORMELLES : font l'objet d'une CONVENTION, généralement d'un écrit (normes juridiques, Constitution, lois) procédurière et figurent dans des codes
Elles peuvent aussi concerner des RÈGLEMENTS D'ORDRE INTÉRIEUR propres à certaines organisations (et pas que le pouvoir public), de DÉONTOLOGIE, d'éthique propres à certains ordres PROFESSIONNELS, des règles religieuses (droit canon, charia, ...)
-Les normes INFORMELLES, ces règles TACITES (non écrites, implicites), qui au quotidien codifient nos comportements. (CIVILITÉS, des usages vestimentaires, des habitudes alimentaires, etc)
En ce sens, les HABITUS, tels que définis par Bourdieu, sont des normes informelles qui tendent à garantir la conformité des pratiques et leur constance à travers le temps
Les normes peuvent être observées par le sociologue :
-DIRECTEMENT, dans l'analyse des règles formelles du droit
-De façon INFÉRÉE, en les déduisant de L'OBSERVATION des coutumes, ... En réalité, toute CONDUITE observable fréquemment RÉPÉTÉE (effet de durée) et PARTAGÉE par un groupe ou un grand nombre de personnes (effet de nombre) peut traduire l'existence d'une NORME SOCIALE.
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4.2.2. La relativité des normes
4.2.3. Contrôle social et sanctions
4.2.2. La relativité des normes
Puisque les normes INCARNENT DES VALEURS et que ces dernières ne sont PAS ABSOLUES, les normes elles-mêmes sont relatives. Les normes formelles ne sont PAS IDENTIQUES d'un Etat (voir région) à un autre. Les normes INFORMELLES présentent encore plus de VARIABILITÉS ; car coexistent une multitude de cultures. Pour Bourdieu, il existe AUTANT D'HABITUS QUE DE CATÉGORIES (ou classes) sociales : ce qui apparaît comme la norme en milieu urbain ne l'est pas nécessairement en milieu rural ; etc. Les normes évoluent aussi en fonction des ÉPOQUES. Les LÉGISLATIONS tout comme les MŒURS ÉVOLUENT

4.2.3. Contrôle social et sanctions
Les normes s'accompagnent de mécanismes de CONTRÔLE SOCIAL FORMELS (INSITUTIONNALISÉ (police), PROFESSIONNALISÉS (gardiennage) TECHNIQUES (vidéosurveillance)) ou INFORMELS (regard des autres, voisinage, etc...)
Il existe des LIENS ENTRE ces 2 formes de contrôle. On adopte aujourd'hui des MESURES TECHNIQUES dans l'architecture urbaine (éclairage public, etc), pour favoriser un contrôle informel
Par ailleurs, un CONTRÔLE INFORMEL, comme l'attention accrue des riverains autour d'une place, PEUT DÉBOUCHER SUR DES CONTRÔLES FORMELS comme par exemple des demandes d'intervention des services de police. Les normes sont assorties de SANCTIONS qui peuvent être:
-EXPLICITES (procès, amendes, peines, mesures, etc.)
-IMPLICITES, réprobation, dédain, EXCLUSION
Elles se traduisent généralement par un sentiment de HONTE ou de REJET.
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4.3. Les déviances
La déviance est un comportement qui S'ÉCARTE DES NORMES dans un GROUPE DONNÉ. Les déviances recouvrent donc les catégories du DROIT et les VIOLATIONS DE NORMES IMPLICITES, informelles.

Les déviances constituent une RÉALITÉ RELATIVE (car les normes le sont) du point de vue sociologique
Elles sont relatives au type de SOCIÉTÉ, et au CONTEXTE (meutre vs guerre)
Le caractère déviant ne DÉPEND pas de la nature de l'acte, mais d'une RÉACTION SOCIALE qui le condamne
Certains quartiers seront particulièrement sensibles à toute forme de dérangement que d'autres; les quartiers de tradition ouvrière la délinquance est interprétée comme l'expression de la lutte des classes

COMPRENDRE les choses permet d'avoir MOINS PEUR et, comme une forme de solidarité persiste, les habitants n'hésitent pas à se rendre chez les voisins pour régler personnellement les litiges. A contrario, dans les nouvelles cités HLM, les gens ne partagent PAS nécessairement une CONSCIENCE COMMUNE. Les actes de délinquance ou de déviance apparaissent comme INSENSÉS. Le seuil de TOLÉRANCE se RÉDUIT (car la peur domine). Les gens hésitent à se rendre chez leurs voisins pour tenter de régler les problèmes (auront tendance à faire appel à la POLICE -> réaction sociale INSTITUTIONALISÉE)

Différentes théories sociologiques abordent les questions de déviance et tentent d'en expliquer les causes. Les explications en termes de :
-déficit de SOCIALISATION
-FONCTIONNALISTES
-D'INÉGALITÉS SOCIALE
-INTERACTIONNISTES
Ils ne sont pas nécessairement mutuellement exclusifs. Ils peuvent se COMPLÉTER
Les aborder avec sérieux bien qu'ils soient condamnables, ils peuvent être compris (permet d'envisager des solutions)
En revanche, se contenter de considérer les déviances comme tout bonnement gratuites, laisse bien peu de perspectives.
127
4.4. Déviances et déficit de socialisation
La socialisation caractérise les processus par lesquels les individus INTÉRIORISENT LES VALEURS, LES NORMES et les modèles de conduite de la SOCIÉTÉ ou des GROUPES auxquels ils appartiennent

D'un point de vue INDIVIDUEL, la socialisation est importante car elle contribue à la CONSTRUCTION des PERSONNALITÉS, des IDENTITÉS

D'un point de vue COLLECTIF, la socialisation est ESSENTIELLE car elle contribue à la REPRODUCTION SOCIALE par la transmission d'un HÉRITAGE CULTUREL COMMUN qui est intégré par les individus

On relève différentes INSTITUTIONS ou SPHÈRES de socialisation : la période de L'ENFANCE avec la cellule FAMILIALE et L'ÉCOLE. On continue à se socialiser TOUT AU LONG de la vie. Le milieu du TRAVAIL, les groupes de PAIRS sont des instances de socialisation importantes. Les institutions n'ont pas le monopole de la socialisation. Dans le milieu du travail, des espaces qui permettent de se rencontrer contribuent aussi à une socialisation entre pairs
Les MÉDIAS de masse participent de façon importante à la socialisation des individus. Lorsque dans les explications que l'on donne à la déviance on pointe les déficits éducationnels de l'école ou des parents, on considère que ces instances ne jouent plus suffisamment leur rôle dans la transmission des normes sociales.
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4.5. Les fonctions de la déviance : R. MERTON 1/4
Pour DURKHEIM la déviance est un phénomène NORMAL si elle ne s'écarte pas d'un taux relativement constant. Elle devient une PATHOLOGIE sociale si elle évolue de façon SUBITE et importante

L'explication la plus importante qu'il donne est L'ANOMIE, i.e. un DÉFICIT DE RÉGULATION SOCIALE : la société n'arrive plus suffisamment à réduire les désirs illimités des individus
MERTON (1965) reprend cette notion d'anomie
Les conduites déviantes peuvent être le résultat d'un DÉSÉQUILIBRE entre les BESOINS des individus (naturels ou produit par la société) et les MOYENS pour eux de LES SATISFAIRE. Les normes, les règles, c'est l'ensemble des valeurs qui sont produites par la société et que les individus tentent d'obtenir (PAS SEULEMENT CE QUI LES RESTREINTS)
CHOMBARD DE LAUWE montre qu'il existe des besoins OBJECTIFS, i.e. les éléments INDISPENSABLES pour assurer L'ADAPTATION des organismes humains et de la vie sociale au MILIEU EXTÉRIEUR
Il s'agit des CONDITIONS MINIMALES pour la survie. Parallèlement, il existe des besoins CULTURELS, à savoir les éléments indispensables pour assurer l'adaptation à la VIE SOCIALE
Il distingue aussi les BESOINS-OBLIGATIONS (doivent être satisfaits pour garantir le niveau d'existence actuel) et les BESOINS-ASPIRATIONS (les désirs d'améliorer, d'élever ses conditions d'existence)
CHOMBARD DE LAUWE considère que la DEMANDE S'ADAPTE aussi à L'OFFRE ; qui produit le manque
Dans les sociétés MODERNES, le développement technique a permis de SATISFAIRE de plus en plus de besoins-OBLIGATIONS, et en particulier les besoins objectifs
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4.5. Les fonctions de la déviance : R. MERTON 2/4
Néanmoins, il proposait de nouveaux PRODUITS, de nouveaux modèles de consommation. Le développement technique faisait naître de NOUVEAUX BESOINS-ASPIRATIONS, qui deviennent accessibles à la consommation et deviennent de NOUVELLES CONDITIONS d'existences considérées « NORMALES »
Ils deviennent dès lors de nouveaux BESOINS-OBLIGATIONS CULTURELS
C'est la raison pour laquelle les besoins apparaissent aussi, 1.comme des NORMES SOCIALES 2.comme un PRODUIT SOCIAL
Au fur et à mesure que les besoins-obligations se voient satisfaits, de nouveaux besoins-aspirations apparaissent. Pour MERTON les NORMES définissent d'une part les VALEURS SOCIALES À ATTEINDRE, et les MOYENS AUTORISÉS ou légitimes pour atteindre ces buts
Or, il existe parfois des DÉSÉQUILIBRES entre ce que la société valorise et les moyens qu'elle procure aux individus pour les atteindre
MERTON propose alors une TYPOLOGIE des MODES D'ADAPTATION des individus en fonction de leurs rapports aux moyens et aux buts valorisés.
-Le CONFORMISME : Lorsque les individus ADHÈRENT aux buts sociaux et DISPOSENT DES MOYENS légitimes pour les atteindre
-Le RITUALISME : Lorsque les individus font le deuil des BUTS sociaux en considérant qu'ils leurs sont INACCESSIBLES, mais qu'ils se CONFORMENT aux MOYENS légitimes (aux règles)
-L'INNOVATION : Lorsque les individus POURSUIVENT les BUTS socialement valorisés tout en NE DISPOSANT PAS des moyens légitimes pour les atteindre. Ils innovent alors de nouveaux moyens, parfois illégaux
-L'ÉVASION : Lorsque les individus refusent à la fois la poursuite des buts socialement valorisés et de se conformer aux règles de conduites valorisées
-La RÉBELLION : Lorsque les individus REFUSENT la poursuite des BUTS socialement valorisés au nom de NOUVELLES VALEURS et de nouveaux MOYENS. Un MODE DE VIE ALTERNATIF est proposé (les communautés hippies)
130
4.5. Les fonctions de la déviance : R. MERTON 3/4
Les sociétés modernes EXACERBENT les aspirations, à travers la consommation de masse. Par ailleurs, elles sont IDÉOLOGIQUEMENT ÉGALITAIRES, proposant aux individus les mêmes idéaux, alors que, dans les faits, elles restent foncièrement INÉGALITAIRES

Ainsi, les conduites déviantes apparaissent comme une issue possible à cette contradiction sociale (pas seulement un déficit moral, de socialisation, de régulation)
L'analyse de MARTON permet aussi de comprendre la déviance en termes D'INÉGALITÉS SOCIALES

MERTON s'inscrit dans le FONCTIONNALISME. Il s'agit d'un courant qui postule que si les PHÉNOMÈNES SOCIAUX existent, c'est qu'ils sont UTILES pour la société
Ils analysent les phénomènes sociaux en mettant en évidence leur FONCTION dans la société
Les fonctionnalistes considèrent généralement que les déviances sont plutôt des DYSFONCTIONS, qu'elles ont une influence destructrice pour les organisations sociales
Elles DÉSÉQUILIBRENT le système social, en REMETTANT EN CAUSE les systèmes de gratification sociale
Attisant l'amertume de ceux qui respectent les règles envers ceux qui ne les respectent pas mais jouissent des mêmes gratifications
MERTON relativise ce point de vue en ajoutant que les phénomènes de déviance CONTRIBUENT À UN ÉQUILIBRE SOCIAL, remplissant aussi une fonction sociale. Il considère que le CONFORMISME ABSOLU serait SOCIOLOGIQUEMENT UN ÉTAT ANORMAL
La déviance absolue qui, elle-même, ne s'observe pas d'un point de vue global. Déviants PARTIELS (parrain de la mafia bon père de famille)
La déviance absolue, tout comme le conformisme absolu, est exceptionnelle
Une déviance partielle peut d'ailleurs être en partie TOLÉRÉE par les organisations
C'est donc qu'elles en retirent CERTAINS BÉNÉFICES. Il en déduit donc que les déviances remplissent aussi une fonction sociale et peuvent contribuer à l'équilibre social
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4.5. Les fonctions de la déviance : R. MERTON 4/4
Les fonctions sociales de la déviance sont diverses :
-RENFORCER LES RÈGLES : renforcer l'unité du groupe dans la sanction ou le rejet des déviants
-ACCENTUER LA CONFORMITÉ en la rendant plus méritoire par effet de contraste
-fournissent aux organisations l'occasion de CLARIFIER, réaffirmer, MODIFIER LES RÈGLES

Les déviances EXPRIMENT LES CONTRADICTIONS SOCIALES :
• Elles permettent de SUPPORTER les contradictions en jouant une fonction de soupape de sécurité qui soulage les tensions accumulées
• Elles permettent de mettre en ÉVIDENCE les DÉFAILLANCES de l'organisation sociale et jouent une fonction de SONNETTE D'ALARME
Et surtout, les déviances permettent l'innovation, le CHANGEMENT, l'adaptation :
• Elles permettent L'ADAPTATION des INDIVIDUS aux contradictions sociales
• Elles permettent L'ADAPTATION des ORGANISATIONS ou des sociétés. Les organisations très bureaucratiques où toutes les actions sont balisées par des règlements standardisés sont très efficaces quand l'organisation est toujours confrontée aux mêmes problèmes. Mais dès que des questions INATTENDUES se posent l'organisation BUREAUCRATIQUE est DÉPOURVUE. Les conduites déviantes offrent des réponses parfois plus adaptées et permettent à l'organisation de s'adapter
• De façon plus générale, une société qui serait fondée sur un CONFORMISME ABSOLU serait une SOCIÉTÉ MORTE, figée dans une REPRODUCTION STÉRILE. Bon nombre de conduites déviantes sont NON-CONFORMISTES (les RÈGLES sont transgressées dans l'intention de les remettre en cause, de les changer) ou encore REBELLES (non seulement les règles sont réfutées, mais plus globalement L'AUTORITÉ sur laquelle ces règles reposent). Les déviances ouvrent aussi la porte à l'innovation et au changement social.
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4.6. Déviances et inégalités sociales : l'ÉCOLE DE CHICAGO
Dans les statistiques criminelles, on observe une surreprésentation des personnes d'origine étrangère. Comment l'expliquer ?

Certains auteurs n'y voient que des explications ENDOGÈNES. Ils considèrent que l'on peut trouver les facteurs ou causes de criminalité au sein même de ces CATÉGORIES SOCIALES, dans des caractéristiques qui leur seraient propres (CULTURE PLUS VIOLENTE). On rejoint ici les théories de la socialisation puisqu'on pointe la SOCIALISATION DIFFÉRENTIELLE
C'est par exemple ce que laissait entendre une étude commanditée par le ministre Verwilghen en 1999 portant sur la « relation entre origine allochtone et comportement criminel ». Ces théories font l'objet de nombreuses critiques, car L'ETHNICISATION dissimule un autre facteur.

À travers une analyse multifactorielle, le facteur déterminant est avant tout la VULNÉRABILITÉ SOCIALE, en particulier la condition SOCIO ÉCONOMIQUE DES PARENTS (la dimension ethnique n'intervient que comme une variable secondaire)
Nous avons vu que la stratification sociale avait tendance à s'ethniciser, la variable socio-économique semble SURDÉTERMINANTE en ce qui concerne les questions de déviance. Si l'on s'intéresse uniquement à la population belge incarcérée, on observe d'ailleurs une surreprésentation similaire des personnes de catégories socioéconomiques plus modestes.

Si l'on tient compte du niveau d'instruction, on constate une surreprésentation de personnes INFRA-QUALIFIÉES. 30 % des détenus n'ont pas de diplôme, 45 % CEB, 20 % CESI
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Le facteur socio-économique comme explication
Les mêmes inégalités s'expriment si l'on se penche sur les PROFESSIONS. Il y a en prison une très forte proportion de personnes dont le père est SANS PROFESSION, OUVRIER ou MANŒUVRE (55,6 % pour ces trois catégories). Si l'on y ajoute les 19,4 % de détenus qui n'ont pas souhaité répondre à cette question on arrive à 75 %

Les explications endogènes (culturelles) sont donc trop réductrices
De plus, elles dispensent à bon compte d'une réflexion sur l'organisation sociale dans son ensemble. Or, affirment bon nombre de sociologues, les désordres sociaux, déviances et criminalité puisent sans doute leurs CAUSES FONDAMENTALES dans les RAPPORTS SOCIAUX qui produisent les INÉGALITÉS SOCIALES. Deux explication à la surreprésentation :
-la déviance correspondrait soit à des MODES D'ADAPTATION, soit à des réactions à l'égard d'un ORDRE SOCIAL QUI PRODUIT L'INÉGALITÉ
-la surreprésentation statistique reflèterait surtout un TRAITEMENT INÉGAL des différentes CATÉGORIES SOCIALES par les appareils de justice et de police.
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A. L'École de Chicago : écologie urbaine et processus migratoires 1/5
Les sociologues de l'École de Chicago figurent parmi ceux qui ont analysé le plus finement les processus de CRÉATION DE GHETTO. Le premier département de sociologie aux USA, à l'Université de Chicago, fédérera un grand nombre de sociologues dont les apports sont majeurs.
La croissance fulgurante de la ville et de sa population (qui passe de 4.500 à 3.400.000 habitants entre 1840 et 1930), due à un afflux massif de MIGRANTS (européens puis populations noires qui fuient le Sud, ...), génère des PROBLÈMES SOCIAUX de grande ampleur, et sera le lieu de développement d'une SOCIOLOGIE URBAINE, d'une sociologie des MIGRATIONS, ainsi que de l'interactionnisme symbolique (voir Partie 3, point 4.7). L'Ecole de Chicago montrent que les ghettos se sont produits :
-par des PROCESSUS EXTERNES, qui CONTRAIGNENT des catégories d'individus à occuper certains espaces de la ville (hors de leur volonté)
-par des processus INTERNES, à travers lesquels la concentration spatiale apparaît comme une PRÉFÉRENCE de la part des individus de vivre dans une certaine homogénéité sociale (un choix)
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A. L'École de Chicago : écologie urbaine et processus migratoires 2/5
En 1925, BURGESS, PARK et MC KENZIE décrivent le processus d'expansion de la ville, qui s'étend du noyau (le loop) vers une périphérie toujours plus vaste
Elle est due notamment à des LUTTES entre ZONES D'ACTIVITÉS et D'HABITATIONS qui cherchent à ÉLARGIR leur territoire.
La TERTIARISATION du centre repousse l'activité INDUSTRIELLE vers la PÉRIPHÉRIE DIRECTE. Les habitants de ces quartiers (pour la plupart des ouvriers) vont fuir les désagréments des usines et tenter de s'établir plus loin, là où vivent des populations plus aisées (Zone 3 de classes moyennes et supérieures). Ces dernières, selon la logique de distinction : fuient et s'établissent dans la zone IV (résidentielle). Dès que la classe moyenne s'installe dans la zone IV, les habitants de la classe supérieure qui y vivaient les fuient et s'établissent dans la zone V
Ainsi, se dessinent des CERCLES CONCENTRIQUES (différentes zones) où la STRATIFICATION sociale s'incarne dans l'occupation de l'espace
Un axe apparaît, entre le centre et la périphérie, où se répartissent les catégories sociales : les populations les plus pauvres occupent les territoires proches du centre. La zone II (en transition) a été libérée, offrant ainsi un espace où les logements seront plus accessibles, en raison de la dégradation des quartiers. C'est là que vont s'établir les populations les plus pauvres et les nouveaux migrants. Cette ghettoïsation est subie par ces populations qui n'ont pas d'autres choix que de s'installer là, en raison de la faiblesse de leurs capitaux. La zone 2 est délabrée, désinvestie tant par les pouvoirs publics que par les investisseurs privés Les habitants vont tenter de s'organiser (parfois délinquance adaptative) : développement d'une économie parallèle, souterraine, clandestine et illégale ; développement de nouvelles formes de régulation (pègre)
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A. L'École de Chicago : écologie urbaine et processus migratoires 3/5
La réalité bruxelloise est assez proche de cette dynamique, puisque des poches de pauvreté (et ethniques) se concentrent principalement le LONG DU CANAL, dans l'ancienne zone industrielle. Des phénomènes de GENTRIFICATION
pourraient malgré tout, à terme, modifier la donne. En revalorisant le quartier, on produit aussi une revalorisation des valeurs immobilières ; et les loyers augmentent au point que les populations les plus pauvres se voient contraintes de partir. Si l'on comprend que les migrants n'aient pas d'autre choix que de s'installer dans la zone II en transition, ceci n'explique pas encore pourquoi, au sein de cette zone II, on assiste à la formation de ghetto où se concentrent des migrants qui proviennent de la même région. En l'occurrence, la ghettoïsation est aussi une réalité, en partie, choisie.

THOMAS & ZNANIECKI, ainsi que PARK & BURGESS, analysent les processus migratoires. Ils montrent que la concentration spatiale des populations immigrées dans des quartiers à forte homogénéité culturelle (Little Italy, China Town, etc.) est une PREMIÈRE ÉTAPE naturelle et nécessaire dans le cycle de L'ASSIMILATION. Le cycle de l'assimilation est un processus qui passe par 4 étapes et que traversent les immigrants
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A. L'École de Chicago : écologie urbaine et processus migratoires 4/5
1. LA COMPÉTITION : l'enjeu est de se positionner dans l'ordre ÉCONOMIQUE (marchés du logement et de l'emploi) Les migrants ont tendance à se REGROUPER aves des personnes de même origine pour refonder des SOLIDARITÉS et mettre leurs ressources en commun afin d'accroître leurs chances dans cette compétition. créant une CULTURE PROPRE et distincte, qui est une forme D'HYBRIDATION entre des traits de leur culture d'origine et de la société d'accueil
2. LE CONFLIT : En groupe, l'enjeu devient plus POLITIQUE puisqu'il porte sur une RECONNAISSANCE de leur place (positionnement) dans la société d'accueil.
3. L'ACCOMMODATION : Comme le conflit contribue aux rapports sociaux (voir SIMMEL Partie 3, point 3.1.), le FROTTEMENT des communautés de MIGRANTS et des communautés ÉTABLIES va produire des MODIFICATIONS CULTURELLES plus profondes qui conduisent à l'étape d'accommodation. Une forme D'ENTENTE s'établit, qui permet de réguler les conflits entre communautés.
4. L'ASSIMILATION constitue la dernière étape. Des personnes et des groupes acquièrent les MÉMOIRES, les SENTIMENTS et les attitudes des autres personnes et groupes et, grâce à un PARTAGE d'expériences et d'histoires communes, S'INSÈRENT avec eux dans une VIE CULTURELLE COMMUNE.
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A. L'École de Chicago : écologie urbaine et processus migratoires 5/5
Pour ces auteurs, l'assimilation est un processus largement INCONSCIENT, qui ne suppose PAS non plus L'ACCULTURATION totale (la suppression de la mémoire de la culture d'origine)
Dans ce cycle de l'assimilation, les individus vont S'ENRICHIR et réunir progressivement les moyens de S'ÉMANCIPER et quitter leur communauté (leur ghetto) pour s'établir, dans une logique de PROMOTION SOCIALE, HORS de la zone de transition où ils se fondront à la population établie, dans le melting-pot culturel américain
Ce que l'on observe, c'est que ce faisant, les pauvres et les migrants « N'EMPORTENT PAS LEUR DÉLINQUANCE AVEC EUX ». Cette dernière est donc bien liée à la situation socioéconomique et non à l'origine ethnique. Pour les Afro-américains, à la stratification sociale (d'ordre économique) s'ajoute à un système de CASTES (raciales) qui EMPÊCHE L'ASSIMILATION
Même lorsque certains noirs américains parviennent à s'enrichir suffisamment pour s'établir dans les quartiers de classe moyenne, le système de ségrégation est tel que les blancs partent. Se dessine alors une BLACK BELT, un ghetto noir qui, bien que traversant différents cercles concentriques de la ville, reste fermement cloisonné.
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B. Réaction à un ordre social inégalitaire
4.6.2. Du contrôle des inégalités à l'inégalité des contrôles
La question qui se pose est celle de la CAPACITÉ de L'ORDRE social à se LÉGITIMER.
Comment contraindre les populations défavorisées à OBÉIR à l'ordre social (à la JUSTICE) lorsque ce dernier N'ARRIVE PAS à garantir l'équité ou la JUSTICE SOCIALE ?
En l'absence d'organisation et de relais politiques autorisés (voir Partie 3, 3.6., case E du tableau) pour exprimer cette injustice vécue, une VIOLENCE qui s'adresse à tout ce qui de près ou de loin le représente (nantis, la bourgeoisie, les institutions établies, etc.)
Cette forme d'expression violente peut être COLLECTIVE (l'émeute,...) ou INDIVIDUELLE. Les déviances n'apparaissent comme gratuites, ou INSENSÉES que lorsqu'on se REFUSE à voir les CONDITIONS sociales dans lesquelles elles puisent leurs racines
4.6.2.
Les chiffres ne disent pas tout. Ceux de la criminalité proviennent des services de police et de la justice. Ils reflètent donc surtout L'ACTIVITÉ de ces derniers
Si les populations de milieux défavorisés (et étrangères) sont SURREPRÉSENTÉES dans les statistiques, c'est parce qu'elles seraient l'objet d'un CONTROLE PLUS IMPORTANT. Des études sérieuses montrent que les agents des forces de l'ordre sont particulièrement attentifs à CERTAINS QUARTIERS (dans les parcours des patrouilles par exemples) et à certaines CATÉGORIES SOCIALES qui sont considérées comme génératrices de désordres ou porteuses de certains risques (les jeunes, les étrangers, etc)
La justice elle-même semble plus SÉVÈRE, ou à tout le moins plus MÉFIANTE, à l'égard de certaines POPULATIONS
La précarité, l'instabilité de la famille, l'absence d'intégration dans une école ou dans un emploi, sont autant de facteurs qui ACCROISSENT le risque d'une détention préventive ou d'un refus de liberté conditionnelle
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4.6.2. Du contrôle des inégalités à l'inégalité des contrôles
Les inégalités sociales trouvent leur traduction dans une inégalité de traitement en justice, qui reflèterait la surreprésentation de certaines catégories de population dans les statistiques criminelles
CERCLE VICIEUX : Leur surreprésentation induit encore un RENFORCEMENT DU CONTRÔLE sur ces populations. Qui RENFORCE la SURREPRÉSENTATION statistique, etc.
Cette inégalité de traitement AUGMENTE encore le sentiment D'INJUSTICE vécue par ces catégories de population, augmentant les risques d'expression violente de la RÉVOLTE, et par là même le RENFORCEMENT du CONTRÔLE social
Ce contrôle accru des populations défavorisées s'inscrit dans un AFFAIBLISSEMENT DE L'ETAT face à la MONDIALISATION et en particulier la mondialisation de l'économie (face à laqeulle ils semblent démunis)
Vu l'affaiblissement des leviers d'action sur les causes structurelles (marché de l'emploi, marché immobilier, etc.), les Etats se voient contraints à se REPLIER sur la GESTION DES CONSÉQUENCES des inégalités produites
À cet effet, les Etats développent des politiques sociales qui visent à AUGMENTER LES CHANCES des individus, à améliorer leurs conditions d'existence ou tout simplement à les rendre plus vivables (formations, animations de quartier, etc). Mais, comme l'inégalité s'accompagne de risques de déviance ou de criminalité, les Etats ACCROISSENT aussi le CONTRÔLE sur ces populations (augmentant le nombre de policiers, soit en délocalisant la justice pour la rapprocher des quartiers difficiles, ...)
À défaut de peser sur les causes, il s'agit, à travers un savant mélange d'actions sociales et de contrôles, de GÉRER LES CONSÉQUENCES des inégalités ; tout comme l'on maintiendrait le couvercle sur une casserole dont le contenu serait en ébullition pour éviter les éclaboussures
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4.7.1. Interaction entre soi et les autres 1/4
Howard BECKER a étudié les fumeurs de marijuana dans le milieu des musiciens de jazz. (1963 OUTSIDERS : Etudes de sociologie de la déviance)
Il définit la déviance comme le résultat d'une INTERACTION entre la personne qui commet un ACTE et, d'une part, ceux qui RÉAGISSENT à cet acte en le CONDAMNANT et ceux qui PARTAGENT cet acte, L'ACCEPTENT ou le valorisent.

4.7.1. Interaction entre soi et les autres
D'après BECKER, il existe dans toute société des ENTREPRENEURS MORAUX qui produisent des normes ainsi que les catégories de l'anormal. (hommes politiques, juristes, les enseignants, les médias,...)

L'individu qui ne S'INSCRIT PAS Dans la norme est donc défini comme un étranger, un outsider. Parallèlement, celui qui ne s'inscrit pas dans la norme peut considérer que CEUX QUI LE JUGENT NE SONT PAS À MÊME DE LE JUGER. La déviance NAÎT de l'interaction entre ces 2 regards qui définissent l'étrangéité dans un rapport d'extériorité réciproque.
D'après BECKER, elle a des CONSÉQUENCES IMPORTANTES sur la PERSONNALITÉ d'un individu qui est socialement défini comme déviant
Il s'appuie sur les travaux de Georges Herbert MEAD (interactionniste) qui montrent que tout individu SE CONSTRUIT DANS LE REGARD que les autres portent sur lui. Il nous aide à NOUS DÉFINIR EN TANT QUE SUJET. Être défini par les autres comme déviant contribue à la CONSTRUCTION DE SOI. (de façon tacite, lorsque l'entourage exprime la réprobation ; exprimée par un expert (un psychiatre, la justice). L'AUTORITÉ que confère l'expertise ou l'institution donne DAVANTAGE DE POIDS à la déviance. On parle D'ÉTIQUETAGE, de labelling ou encore de stigmatisation. La stigmatisation exprime la marque DURABLE et INEFFAÇABLE que laisse l'étiquette de déviant pour la personnalité de celui qui est défini comme tel.
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4.7.1. Interaction entre soi et les autres 2/4
Être défini comme déviant, laisse des traces pour l'individu (dans son image de soi et pour sa participation future à la vie en société)
Par le biais de la réaction sociale, l'individu reçoit un NOUVEAU STATUT (un nouveau positionnement à la MARGE de la structure sociale) et une NOUVELLE IDENTITÉ (qui réduit la personne à ses caractéristiques négatives, surplombant toutes ses autres identités)
A travers cet étiquetage, la personne sera AVANT TOUT « droguée », « délinquante »,etc. RÉDUIT À DES CARACTÉRISTIQUES NÉGATIVES.
Le fait d'être désigné comme déviant pour un acte peut conduire progressivement à L'EXCLUSION D'AUTRES SPHÈRES SOCIALES (Fumeur de hasch -> exclusion de l'école, de la maison,...)
L'étiquette de toxicomane SURPLOMBE et EFFACE progressivement d'autres référents IDENTITAIRES et d'autres STATUTS (liés à l'emploi, liés à la famille, etc.).
La lecture de Asiles (1961) et Stigmate (1963) de Goffman permet de prolonger la réflexion : Il expose que même dans les INSTITUTIONS TOTALES, qui visent à DÉPERSONNALISER les reclus pour REDÉFINIR entièrement leur identité, ces derniers se saisissent des coulisses pour développer des ADAPTATIONS SECONDAIRES, notamment À TRAVERS LES DÉVIANCES, pour résister à l'identité totale qui leur est prescrite
La CONSTRUCTION de l'identité personnelle passe par la recherche d'une position INTERMÉDIAIRE entre la CONFORMITÉ et la RÉSISTANCE AUX IDENTITÉS PRESCRITES
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4.7.1. Interaction entre soi et les autres 3/4
Les personnes stigmatisées vont développer des RESSOURCES DIVERSES pour s'adapter au regard que les autres posent sur eux. Face à une étiquette, une personne déviante, pourra réagir de différentes manières :
-AMENDEMENT : Elle peut s'amender et espérer voir S'EFFACER LE STIGMATE avec le temps. Mais cette éventualité s'avère en réalité très FASTIDIEUSE vu les processus d'exclusion qui accompagnent le stigmate.
-RENVERSEMENT DU STIGMATE : Elle peut RÉSISTER au stigmate, voire le RENVERSER en REVENDIQUANT clairement son mode de vie atypique, faisant de L'ÉTRANGETÉ UNE FORCE pour modifier les normes sociales (homosexuels et gay prides). La résistance au stigmate n'est pas simple. Elle NÉCESSITE de pouvoir mobiliser des CAPITAUX Économiques, sociaux, culturels et symboliques
-ENDOSSEMENT DU STIGMATE : Elle peut endosser le stigmate et s'y CONFORMER. Façonnant sa personnalité sur cette image, en DÉVELOPPANT une image de soi NÉGATIVE, se conformer au statut de MARGINAL et ADOPTER LES RÔLES SOCIAUX qui y correspondent
Elle risque donc de se comporter de façon PLUS DÉVIANTE ENCORE, s'ensuit une sorte de processus cyclique de renforcement ou de chronicisation de la déviance.
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4.7.1. Interaction entre soi et les autres 4/4
4.7.2. Interaction entre soi et les pairs
Que l'impunité puisse favoriser la récidive est une évidence. Toutefois, la SÉVÉRITÉ n'est pas une garantie contre la récidive : bien au contraire
Il convient donc d'être attentif à ce que la sentence et la punition, ne provoquent pas une CHRONICISATION de la déviance, ne FIGENT PAS LA PERSONNE dans son statut marginal et son identité déviante ; laissant LA PLACE nécessaires POUR SE DÉCALER de cette stigmatisation et se reconstruire des identités positives
Il ne considère PAS que ce sont UNIQUEMENT les entrepreneurs de morale qui produisent la déviance. Mais l'apport important de son étude réintroduit la dimension des CONSÉQUENCES de la réaction sociale sur la déviance elle-même.

4.7.2.
Ainsi stigmatisé, le déviant va avoir tendance à dériver vers des activités PROFESSIONNELLES NON CONVENTIONNELLES et à se REPLIER sur des GROUPES SOCIAUX où sa déviance sera mieux tolérée, voire valorisée. Progressivement, ses CONTACTS AVEC D'AUTRES DÉVIANTS vont se répéter et la personne va S'Y INTÉGRER. La dernière étape consiste à entrer dans un groupe déviant ORGANISÉ, influançant la vision que l'individu à de lui-même
Le NOVICE va apprendre une série d'éléments qui vont le CONFIRMER dans sa déviance et le faire progresser dans une CARRIÈRE DÉVIANTE. (apprentissage de la technique, intégrer l'idéologie, la « sous-culture » du groupe déviant, ...)
Il va y recevoir un STATUT et pouvoir PROGRESSER : fumeur débutant, usager occasionnel et usager régulier. A chaque étape, il acquiert des COMPÉTENCES NOUVELLES, consolide ses motivations, adopte des modèles de comportements, reçoit un statut auquel.
Attention toutefois, la carrière déviante n'est PAS INÉLUCTABLE (exemple du parcours de certains tagueurs).
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« Positiver un parcours déviant »
Le parcours de bon nombre de tagueurs est une bonne illustration lorsqu'ils transforment leurs activités, un temps clandestines, en activité professionnelle reconnue et établie : animateur socio-culturel dans des maisons de jeunes, graphiste-styliste, voire artiste exposé dans des musées et aux œuvres cotées. Plus globalement, certains éducateurs qui travaillent avec des jeunes délinquants n'hésitent pas, comme méthode d'intervention, à valoriser les expériences, compétences et aptitudes acquises à travers les activités délictueuses (tchatche, sens du commerce, gestion de budget, etc.) pour les transférer vers des activités professionnelles licites et favoriser ainsi l'intégration sociale (voir ROCHE, 2007).
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